L’armée américaine réduira d’un tiers ses avions de chasse en Europe

L’armée américaine réduira d’un tiers ses avions de chasse en Europe

Les États-Unis prévoient de réduire considérablement le nombre d’avions et de navires de guerre qu’ils mettent à la disposition des opérations de l’OTAN en Europe, rapportent deux hauts responsables européens, marquant ainsi une nouvelle étape dans la protection que le pays offre à ses alliés européens depuis huit décennies.

Cette décision, communiquée aux alliés début juin dans un document écrit, limiterait la capacité de l’OTAN à mener des frappes à longue portée et à effectuer des missions de surveillance. Les responsables européens, s’exprimant sous couvert d’anonymat, ont souligné la sensibilité de ces questions militaires.

Les réductions comprennent :

  • Une diminution du nombre d’avions de chasse F-16 et F-15E, qui passerait d’environ 150 à 100.
  • La réduction du nombre d’avions de reconnaissance maritime, passant de 26 à 15, et la suppression des 8 avions ravitailleurs auparavant disponibles en Europe.
  • La réaffectation d’un sous-marin lance-missiles et d’un porte-avions, ainsi que de plusieurs navires de guerre et de dizaines d’avions participant aux missions du porte-avions.
  • La réaffectation de l’un des deux groupes de bombardiers précédemment affectés à la défense de l’Europe.

Le Pentagone n’a pas commenté ces chiffres précis, mais a confirmé son intention de réduire ses engagements en Europe.

Ces informations, révélées pour la première fois par le journal allemand Die Welt, illustrent l’intention de l’administration Trump de diminuer son engagement envers l’OTAN, créée après la Seconde Guerre mondiale pour protéger les alliés des États-Unis en Europe face à des menaces extérieures, notamment celles de l’Union soviétique. Les membres européens de l’OTAN continuent de considérer cette alliance comme essentielle pour leur dissuasion face à la Russie.

Le calendrier de ce retrait n’a pas été précisé, mais des responsables américains ont indiqué qu’il pourrait prendre effet très prochainement, affectant la capacité de l’OTAN à surveiller le trafic des sous-marins russes et à lancer des frappes à longue portée.

Les experts estiment que, bien que les Européens disposent de capacités balistiques similaires, les missiles sont un moyen de dissuasion plus efficace lorsqu’ils sont utilisés par les États-Unis.

Giuseppe Spatafora, de l’Institut d’études de sécurité de l’Union européenne, a déclaré que la somme de ces réductions représente un changement de posture significatif et pose des défis à la capacité de dissuasion européenne.

Ce retrait s’inscrit dans un contexte tendu pour l’Europe, marqué par des incidents récents tels qu’un drone russe ayant frappé un immeuble en Roumanie. Cela a ravivé les craintes d’une agression russe au-delà de l’Ukraine.

Les détails de ce retrait ont été communiqués en privé, alors que des responsables américains annonçaient publiquement leur intention de redéployer des forces pour défendre les intérêts américains dans la région indo-pacifique.

Source : The New York Times

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