Le dilemme de l'Arabie saoudite, qui tente de rester en dehors de la guerre entre les États-Unis et l'Iran

L’Arabie saoudite face à un dilemme stratégique dans le conflit États-Unis-Iran

L’Arabie saoudite se retrouve dans une position délicate alors que le conflit entre les États-Unis et l’Iran s’intensifie. Depuis le début des hostilités le 28 février, Riyad a tenté de maintenir une distance avec ce conflit, mais la situation a évolué. Récemment, le royaume a été attaqué de plusieurs directions, ce qui l’a poussé à prendre des mes militaires, y compris des frappes conjointes avec les États-Unis contre des milices iraniennes en Irak, soupçonnées de lancer des drones vers le territoire saoudien.

Le dilemme pour l’Arabie saoudite consiste à choisir entre une réponse militaire dissuasive et une approche plus conciliatrice, potentiellement en offrant des compensations financières à certains adversaires.

Le contexte du conflit révèle deux camps principaux : d’un côté, l’Iran et son Corps des gardiens de la révolution islamique, soutenus par les Houthis au Yémen et les Forces de mobilisation populaire en Irak. De l’autre, les États-Unis, avec leurs alliés du Golfe et la Jordanie, tandis qu’Israël, bien qu’allié, n’est pas directement impliqué dans ce conflit.

L’Iran a intensifié ses attaques, y compris des frappes de drones et de missiles sur des pays comme la Jordanie, le Koweït et Bahreïn, ainsi que sur des navires dans le détroit d’Ormuz. Cette escalade souligne l’absence d’un accord de paix durable entre les États-Unis et l’Iran, entraînant une dynamique de conflit qui s’étend.

L’Arabie saoudite, sous la direction du prince héritier Mohammed ben Salmane, a mis en place une stratégie de « Vision 2030 » visant à diversifier son économie, traditionnellement dépendante du pétrole. Cette vision inclut l’attraction d’investissements étrangers et le développement d’infrastructures modernes. Cependant, ce projet est menacé par des attaques persistantes, tant des Houthis au Yémen que des milices soutenues par l’Iran.

En septembre 2019, le royaume a subi une attaque majeure sur ses installations pétrolières à Abqaiq et Khurais, paralysant une partie significative de ses exportations. Cette vulnérabilité a été mise en lumière par des frappes récentes sur les mêmes installations, soulignant l’importance croissante de la sécurité des infrastructures pour l’économie saoudienne.

L’Iran a également réagi aux actions américaines et israéliennes en fermant le détroit d’Ormuz, une voie maritime cruciale pour le transit de 20 % du pétrole mondial. En réponse, l’Arabie saoudite a intensifié sa production pétrolière, atteignant environ cinq millions de barils par jour, en utilisant son oléoduc est-ouest pour exporter vers des marchés asiatiques.

Cependant, la menace d’attaques de drones et de missiles persiste, tant du Yémen que d’Irak, rendant la situation de plus en plus complexe et imprévisible. L’Arabie saoudite, qui a longtemps tenté de dominer militairement les Houthis, se retrouve à nouveau confrontée à des défis sécuritaires majeurs, compromettant ses ambitions économiques.

Rien de tout cela n’avait été prévu dans les plans de la Vision 2030, laissant l’Arabie saoudite à un carrefour stratégique critique.

Source : BBC News

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