De la fatwa contre Pokémon au projet de parc « Dragon Ball » : la volte-face de l’Arabie saoudite sur les mangas
En 2023, l’Arabie saoudite affiche un changement radical dans sa perception des mangas et des jeux vidéo, marquant une évolution significative par rapport à ses positions précédentes. Ce revirement fait écho à une fatwa émise en mars 2001 par le mufti et les autorités religieuses saoudiennes, qui avaient condamné Pokémon. Les raisons invoquées à l’époque incluaient la similitude des cartes à collectionner avec des jeux de hasard, interdits par l’islam, ainsi que des symboles jugés liés au sionisme et à la franc-maçonnerie. Les religieux affirmaient également que les évolutions des créatures évoquaient la théorie de l’évolution de Darwin, remettant en cause la création divine. Cette interdiction avait été réaffirmée en juillet 2016 lors du lancement de Pokémon GO.
Récemment, l’Arabie saoudite a annoncé des projets ambitieux, notamment la création d’un parc d’attractions inspiré de l’univers de Dragon Ball. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification économique et culturelle, visant à attirer les jeunes et les touristes. Le pays cherche ainsi à s’ouvrir à des contenus culturels qui étaient auparavant rejetés.
Ce changement de cap s’accompagne de l’organisation d’événements culturels et de festivals liés aux mangas, illustrant une volonté d’intégration de ces éléments dans la société saoudienne contemporaine.
L’Arabie saoudite semble donc évoluer vers une acceptation des mangas, reflétant une transformation de ses normes culturelles et religieuses, tout en cherchant à s’adapter aux attentes d’une population jeune et connectée.
Source : L’Express.

