L'apprentissage en fort recul : pourquoi le gouvernement a mis en un grand coup de frein après des années de croissance

L’apprentissage en fort recul : un coup de frein inattendu

Après plusieurs années de forte progression, l’apprentissage en France connaît un net ralentissement. Le nombre de nouveaux contrats a commencé à diminuer à partir de 2025, alors que l’État réduit progressivement le soutien financier qui avait favorisé l’essor de ce dispositif. Le gouvernement, après avoir encouragé massivement les entreprises à recruter des apprentis, cherche désormais à maîtriser les coûts liés à cette politique.

L’apprentissage a d’abord bénéficié d’une réforme majeure en 2018, avec la loi Avenir professionnel, qui a simplifié son recours et modifié son financement. La crise sanitaire a également conduit à des aides exceptionnelles à l’embauche, permettant de soutenir les recrutements, avec un pic de 878 871 nouveaux contrats signés en 2024, contre 305 271 en 2017, selon les données de la Dares.

Cependant, cette croissance a entraîné une augmentation significative des dépenses publiques, atteignant 24,1 milliards d’euros en 2024, selon une note de l’OFCE. Ce coût élevé a incité le gouvernement à réduire les dispositifs d’aide aux entreprises, visant à mieux cibler les financements publics.

Les offres d’alternance en baisse

Depuis 2025, les règles ont évolué pour certains contrats préparant à des diplômes de niveau bac+3 ou plus, avec une participation financière demandée aux employeurs. L’aide à l’embauche a également été revue à la baisse. Selon l’OFCE, les dépenses publiques ont commencé à diminuer en 2025, avec 22,2 milliards d’euros, et pourraient tomber à 20,5 milliards d’euros en 2026.

En 2025, 846 683 contrats d’apprentissage ont été signés, soit une baisse d’environ 3 % par rapport à 2024. JobTeaser a observé une diminution de 15 % des offres d’alternance en 2025, tandis qu’Indeed a noté une baisse de 25,6 % entre janvier et mai 2026 par rapport à la même période en 2025.

Une efficacité sociale contestée

La baisse des aides n’est pas la seule explication à ce ralentissement. L’apprentissage est directement lié aux décisions des entreprises. En période de conjoncture économique difficile, les recrutements diminuent, ce qui impacte également les contrats d’alternance. Malgré cela, le dispositif reste plus important qu’avant 2018.

Le rapport de l’OFCE soulève des questions sur l’efficacité sociale de l’apprentissage. La politique d’aide massive n’a pas entraîné une amélioration significative de l’employabilité des jeunes. En 2023, 165 000 jeunes ont ouvert des droits à l’assurance chômage après un contrat d’apprentissage, contre 70 000 en 2019, ce qui pourrait engendrer des dépenses pour l’Unedic atteignant près de 1 milliard d’euros en 2026.

Source : Dares, OFCE

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