Travail en horaires atypiques : un encadrement nécessaire, selon l’Anses
Les études scientifiques soulignent les effets délétères du travail en horaires décalés sur la santé mentale, cardiovasculaire et la qualité du sommeil, ainsi que sur la vie sociale et familiale. Dans un avis publié le 2 septembre 2026, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) appelle à un meilleur encadrement de ces pratiques.
En France, plus de la moitié des actifs, soit entre 55% et 75%, sont concernés par des « horaires atypiques » au cours de leur carrière. Ces horaires incluent le travail le week-end, les longues journées de plus de huit heures ou les horaires décalés entre 5 heures et 8 heures et entre 19 heures et minuit. Henri Bastos, directeur scientifique à l’Anses, souligne que cette réalité touche une grande variété de professions, allant des agents publics aux travailleurs indépendants.
Malgré l’augmentation de la flexibilisation des horaires depuis les années 1980, il n’existe pas de définition juridique des horaires atypiques. Les études disponibles, au nombre de 172, mettent en avant des effets sur la santé, modulés par divers facteurs tels que la nature du travail et la gestion du stress. Bien que les effets du travail de nuit soient mieux documentés, des associations statistiques indiquent que les horaires atypiques peuvent également être néfastes, entraînant des problèmes d’anxiété, de sommeil et des maladies cardiovasculaires.
Travailler le week-end est corrélé à des impacts négatifs sur la santé mentale et physique, avec des risques accrus de dépression et de troubles musculosquelettiques. La désynchronisation avec les rythmes collectifs nuit à la vie sociale et familiale, aggravant les effets sur la santé.
L’Anses conclut que le travail en horaires atypiques doit être limité autant que possible et, lorsqu’il est inévitable, doit être mieux encadré. Cela inclut des mes de suivi médical et des protections spécifiques pour les femmes enceintes. Les travailleurs devraient bénéficier d’une organisation transparente et équilibrée, avec des compensations non pécuniaires favorables à leur santé.
Source : Anses

