L’animation japonaise influence la bande dessinée européenne et ses nouvelles tendances.

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De l’animation japonaise à la bande dessinée : le parcours de Christophe Ferreira

Christophe Ferreira, formé aux Gobelins et ayant travaillé dans divers studios japonais, revient à la bande dessinée avec sa nouvelle série Oscar, dont il signe seul le scénario et le dessin. Ce projet est le fruit de vingt ans d’expérience en animation et de plusieurs films inaboutis, symbolisant sa volonté de retrouver le plaisir du travail sur papier.

Du rêve japonais aux studios d’animation

Passionné par les dessins animés japonais depuis son enfance, Ferreira se destine d’abord à l’animation. Après avoir étudié aux Gobelins, il travaille sur des projets tels que Fantômette et Les Lascars. Sa carrière prend un tournant en 2001 lors d’une masterclass avec Yasuo Ōtsuka, mentor de figures emblématiques de l’animation japonaise comme Hayao Miyazaki et Isao Takahata. Cette rencontre l’incite à se rendre au Japon en 2002, où il visite des studios tels que Gainax et Production I.G., et rencontre Satoshi Kon.

L’année suivante, il effectue un stage de trois mois chez Telecom Animation Film, qui se prolonge en une année. Malgré son expérience en France, il choisit de recommencer au bas de l’échelle au Japon pour apprendre les méthodes locales.

Cette immersion lui permet de découvrir les conditions de production exigeantes des studios japonais. Il participe ensuite à divers projets, dont Bleach, tout en contribuant au développement graphique de Persepolis en Europe.

Un renard qui ne voulait pas disparaître

Ferreira envisage de réaliser une coproduction franco-japonaise autour des aventures d’un petit renard dans le Japon ancien. Malgré des efforts considérables, le projet ne voit pas le jour. Après avoir travaillé sur Lupin, il est rapatrié en France suite à la catastrophe de Fukushima, alors que son studio ferme.

En quête d’un avenir plus stable, il se tourne vers la bande dessinée, encouragé par ses amis Alex Alice et Richard Marazano. Cette collaboration donne naissance à Le Monde de Milo, qui se développe sur dix albums.

Le retour de l’animation et la naissance d’Oscar

Vers 2017, il participe au développement graphique d’un film avec Production I.G., une expérience qui le conduit à réaliser Léviathan pour Netflix. Ce projet lui permet de peaufiner son scénario pour Oscar, qui s’inspire de son ancien film sur le petit renard, mais avec des personnages et un univers entièrement nouveaux.

Pour la première fois, il rédige seul le scénario de cette bande dessinée, développant les trois premiers albums avant de se consacrer au dessin.

Le retour au papier, un choix artistique

Avec Oscar, Ferreira abandonne le dessin numérique au profit des techniques traditionnelles au crayon et à l’aquarelle. Ce choix est à la fois esthétique et personnel, reflétant son désir de créer un objet tangible. Il constate également qu’il travaille plus rapidement sur papier, favorisant une approche plus spontanée.

Son style narratif, influencé par le cinéma et l’animation, vise à rendre la lecture fluide en se concentrant sur les éléments visuels et en réduisant les dialogues à l’essentiel.

Une Fantasy solidement documentée

L’univers d’Oscar est peuplé d’animaux anthropomorphes, avec des décors et des éléments architecturaux soigneusement documentés. Ferreira s’appuie sur des recherches historiques pour créer un monde crédible, bien qu’il s’autorise des écarts créatifs.

Une série déjà pensée sur plusieurs albums

Le premier tome d’Oscar est sorti début septembre, tandis que le deuxième est déjà terminé et le storyboard du troisième achevé. Ferreira prévoit de commencer le dessin de ce dernier à son retour, tout en travaillant sur d’autres projets. Après des décennies passées entre la France et le Japon, il semble avoir trouvé dans cette série un espace pour marier ses deux expériences professionnelles.

Source : Actuabd

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