Un satellite alimenté au nucléaire vient d’être lancé : pourquoi marque-t-il un tournant et intéresse autant le Pentagone

Un satellite alimenté au nucléaire vient d’être lancé : un tournant pour l’espace

La société américaine City Labs a récemment effectué un lancement marquant en plaçant en orbite le premier satellite commercial alimenté par un générateur nucléaire. Le CubeSat BOHR, ou Betavoltaic Orbital High-Reliability, a été lancé à bord d’une fusée Falcon 9 de SpaceX. Ce satellite, bien qu’il ne soit pas opérationnel, a pour objectif de démontrer l’utilisation du Tritium comme source d’énergie, tout en restant majoritairement alimenté par des panneaux solaires.

Contexte factuel

L’idée de réintroduire le nucléaire dans l’espace peut sembler surprenante, surtout à une époque où les panneaux solaires dominent le secteur. Cependant, les avantages d’une source d’énergie nucléaire sont significatifs. Contrairement aux panneaux solaires, qui cessent de produire de l’énergie lorsque le satellite est à l’ombre, une source nucléaire permet un fonctionnement continu, 24 heures sur 24, sans dépendre des conditions d’éclairage. Cela pourrait alléger la charge utile des satellites, car les batteries, qui représentent une part importante de la masse, pourraient être réduites.

Le BOHR, pesant moins de 6 kg, utilise une technologie bêtavoltaïque NanoTritium pour alimenter sa charge utile de démonstration. Le Tritium, un isotope de l’hydrogène, se désintègre en émettant des particules bêta, qui produisent de l’électricité en traversant un semi-conducteur.

Données ou statistiques

Avec une demi-vie de 12,3 ans, le Tritium peut fournir de l’électricité sans interruption pendant plus de 20 ans, offrant ainsi une alternative plus sûre aux systèmes d’alimentation traditionnels. Historiquement, des satellites nucléaires ont été utilisés dès les années 1960, mais l’utilisation de réacteurs à uranium a soulevé des préoccupations de sécurité, comme en témoigne l’incident du Kosmos 954 en 1978, où un satellite soviétique a perdu son combustible radioactif lors d’une rentrée atmosphérique.

Conséquence directe

Le lancement du BOHR répond également à une demande croissante au sein du Pentagone pour des systèmes d’alimentation moins vulnérables pour les satellites militaires, soulignant l’importance croissante des technologies spatiales dans les stratégies de défense modernes.

Source : Futura Sciences.

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