Un satellite alimenté au nucléaire vient d’être lancé : pourquoi marque-t-il un tournant et intéresse autant le Pentagone

Un satellite alimenté au nucléaire vient d’être lancé : un tournant pour l’espace et un intérêt croissant pour le Pentagone

La société américaine City Labs a récemment lancé le premier satellite commercial alimenté par un générateur nucléaire, un événement qui pourrait marquer un tournant dans l’exploration spatiale. Le CubeSat BOHR, placé au sommet d’une fusée Falcon 9 de SpaceX, est conçu pour démontrer l’utilisation du Tritium comme source d’énergie. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un satellite opérationnel, mais d’un démonstrateur, il représente une avancée significative dans le domaine spatial.

Contexte factuel

Traditionnellement, les satellites s’appuient sur des panneaux solaires pour leur alimentation, mais ces derniers deviennent inopérants lorsque le satellite passe dans l’ombre de la Terre. En revanche, avec une source nucléaire, le satellite peut fonctionner 24 heures sur 24, sans dépendre du soleil ni des éclipses, garantissant une puissance stable pendant des années. De plus, l’utilisation d’une batterie nucléaire permet d’alléger la charge utile au lancement, ce qui est particulièrement avantageux pour les petits satellites comme les CubeSats.

Le BOHR, léger avec moins de 6 kg, utilise un système d’alimentation bêtavoltaïque NanoTritium, qui exploite la désintégration naturelle du tritium, un isotope radioactif de l’hydrogène. Contrairement aux réacteurs à fission, ce système ne produit pas de chaleur, ce qui réduit les risques associés.

Données ou statistiques

L’innovation dans l’utilisation du nucléaire pour l’alimentation des satellites n’est pas nouvelle, mais elle a considérablement évolué depuis les années 1990, où les systèmes d’alimentation nucléaire étaient principalement réservés aux missions d’exploration du système solaire externe. En effet, des satellites de navigation utilisant l’énergie nucléaire ont été lancés dès 1961 par l’US Navy.

Conséquence directe

Ce développement répond également aux préoccupations militaires, notamment celles du Pentagone, qui cherche des systèmes d’alimentation moins vulnérables pour ses satellites militaires. L’expérimentation de City Labs pourrait ainsi ouvrir la voie à une nouvelle ère de satellites alimentés par des sources nucléaires, avec des implications potentielles tant civiles que militaires.

Source : Futura Sciences.

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