Lamine Camara « sera sur le terrain à 100 %, il a besoin de jouer »: son entraîneur Filipe Luis ne voit aucun autre remède pour son joueur, dont le transfert de Monaco à Chelsea a avorté au dernier moment, que d’être titulaire vendredi contre le Paris Saint-Germain au Parc.
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Depuis sa prise de fonction, Filipe Luis est fan de Camara, l’un de ses leaders qu’il a nommé vice-capitaine avec les anciens Eric Dier et Lukas Hradecky. « J’en ai vu beaucoup à ce poste, c’est un joueur spécial », expliquait le technicien la semaine dernière. Xabi Alonso, nouvel homme fort de Chelsea, pense la même chose, lui qui a dragué l’international sénégalais de 22 ans dans les dernières heures du mercato.
Camara n’est jamais resté insensible à l’idée de rejoindre ce grand de Londres. Il l’a fait savoir à sa direction, tout en restant professionnel et respectueux de son entraîneur, désireux de poursuivre avec lui.
Depuis juin, les Monégasques avaient été clairs avec tous les potentiels prétendants: le joueur est intransférable, sauf somme astronomique (70 millions d’euros) ou imprévu de dernière minute.
Lorsque, mardi soir, Everton a émis des doutes sur la capacité physique de Folarin Balogun, l’avant-centre américain, présent à Liverpool pour signer chez les Toffees, cet imprévu a pris forme.

« À ce moment-là, nous avons dû ouvrir la porte à la discussion avec Chelsea pour Lamine », explique le directeur général monégasque Thiago Scuro. Il était presque 20H00. « J’ai appelé le joueur directement, informé son agent. Nous avons discuté des conditions pour que Lamine parte à Chelsea ».
Les trois parties ont trouvé un accord. Mais en parallèle, « le deal concernant Bologun avec Everton a repris et j’ai alors informé Chelsea de l’arrêt des négociations pour Lamine », soutient Scuro.
Offusqué de la situation, le joueur a exhorté son directeur à le laisser partir. Il s’est heurté à un veto qui a fait l’effet d’un coup de massue.
Mercredi matin, lors de la reprise de l’entraînement, il n’en a pourtant rien montré. Mais il a longtemps ressassé la façon avec laquelle le club s’était joué de lui. « Je peux comprendre », glisse Scuro. « Il a pu être excité par sa conversation avec l’entraîneur, par ce qu’un club comme Chelsea peut proposer. Nous lui avons expliqué les raisons et continuerons à travailler ensemble. Vu sa mentalité, son caractère, on s’attend à le voir à 100% au prochain match. Il construit sa carrière. Ce n’est pas la fin du monde. C’était une opportunité parmi d’autres. Il aura bientôt de meilleures offres. »
D’ailleurs, originellement Monaco n’avait prévu de le laisser partir qu’en juin prochain, après trois saisons au club. « La réalité, c’est que nous sommes très heureux qu’il reste », as encore Scuro, rejoint par Luis pour qui, « c’est la meilleure chose pour le club. »
Reste à évacuer rapidement sa frustration. « Avec ce qui s’est passé, c’est sûr qu’il a des choses en tête pouvant l’affecter, reconnaît Luis. Mais c’est très facile de travailler avec lui. »

« Ma responsabilité de coéquipier est d’être là pour lui », indique pour sa part Eric Dier. « Sa situation est difficile, mais assez courante, avec un aspect humain compliqué. Mais maintenant on doit avancer de la meilleure façon. »
« Le pire serait de le gérer différemment, poursuit l’international anglais. Si c’était moi, ça m’énerverait qu’on me traite différemment pour ça. La chose la plus respectueuse, c’est de continuer à travailler de façon identique. Il est jeune mais concentré et mature. Il doit tirer le positif: une expérience de plus dans sa carrière. »
« Tous les clubs le regardent », conclut Luis. « S’il ne change pas, il deviendra meilleur. Alors, les grands d’Europe viendront. Parce que c’est un joueur d’élite. Ce qui le rend heureux, c’est jouer. Ce qu’il fera dès vendredi. »
Source : RFI.

