Comment l'Algérie est-elle sortie de la liste grise du GAFI?

L’Algérie sort de la liste grise du GAFI

L’Algérie ne figure plus dans la liste grise du GAFI, le Groupe d’action financière, un organisme mondial de surveillance du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme. Réuni lors d’une session plénière le 19 juin 2026, le GAFI a salué les efforts du gouvernement algérien ces derniers mois. Cette décision est accueillie par les plus hautes instances algériennes et est censée rasr les futurs investisseurs internationaux.

Placée en 2024 sur la liste grise du GAFI, l’Algérie a réussi à en sortir en moins de deux ans, un fait qualifié d’historique par Halim Megharbi, spécialiste de la lutte contre la criminalité financière. Selon lui, « il y a très peu de pays qui ont réussi à sortir de cette liste en aussi peu de temps ».

Elisa De Anda Madrazo, présidente du GAFI, a expliqué que l’Algérie a respecté les recommandations de l’organisation, notamment en améliorant ses opérations dans les secteurs bancaire, immobilier et des assurances. Elle a également noté un renforcement du suivi des transactions frauduleuses et une meilleure ciblage des financements du terrorisme.

Les dispositifs de lutte contre la criminalité financière en Algérie étaient auparavant jugés mal calibrés. Halim Megharbi souligne que le pays a dû repartir « d’une feuille blanche » et a mis en place des textes réglementaires alignés sur les standards internationaux, ainsi qu’un travail de formation qui est encore à ses débuts.

Le placement d’un pays sur la liste grise du GAFI a des conséquences directes sur ses échanges financiers. Par exemple, lorsque le Sénégal était sur la liste, ses investissements étrangers ont baissé de 6 % à 8 % en deux ans. L’arrêt de la surveillance par le GAFI est vu comme une opportunité pour l’Algérie d’attirer davantage d’investisseurs internationaux.

Néanmoins, les efforts doivent se poursuivre pour maintenir ces avancées. Elisa De Anda Madrazo a précisé que le ministère algérien des Finances a garanti que les réformes seraient soutenues. Halim Megharbi rappelle que le respect des normes du GAFI est essentiel pour éviter un retour sur la liste grise.

En parallèle, la Namibie a également quitté cette liste, tandis que six pays africains demeurent encore sur la liste grise : République démocratique du Congo, Côte d’Ivoire, Cameroun, Soudan du Sud, Angola et Kenya.

Le chef de l’État algérien, Abdelmadjid Tebboune, a déclaré que cette décision constitue une reconnaissance internationale de l’engagement de l’Algérie à lutter contre le blanchiment d’argent et les crimes liés aux mouvements de capitaux.

Cette évolution marque un tournant pour l’Algérie, qui place désormais sa réputation économique au cœur de ses priorités.

Source : RFI

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