L’agroalimentaire breton s’engage vers la réutilisation des eaux usées
Face à la nécessité de réduire leur consommation d’eau de 25 % en raison de la sécheresse, les industriels de l’agroalimentaire en Bretagne se réorganisent. Lorsqu’elles le peuvent, les entreprises ajustent leur production en passant à un fonctionnement de quatre jours et nuits au lieu de cinq, afin de diminuer les cycles de lavage. Elles prennent également des décisions sur la réduction des références de produits et, parfois, ont recours au chômage partiel, conséquence de la baisse de la production agricole.
Cependant, l’agroalimentaire breton a commencé à réduire sa consommation d’eau bien avant cette crise. Selon Clothilde d’Argentré, chef de projet Filières et Environnement à l’Association bretonne des entreprises agroalimentaires, « 55 % des entreprises bretonnes ont intégré le recyclage dans leur process ». Ces initiatives permettent de réaliser une économie moyenne de 60 000 m³ d’eau par an et par entreprise, équivalente à 24 piscines olympiques, principalement en réutilisant les eaux de rinçage pour le nettoyage.
Dans le Morbihan, Altho, producteur de chips Brets, a déjà réussi à diminuer sa consommation d’eau de près de 30 % entre 2023 et 2024 en recyclant ses eaux de lavage avant de les diriger vers sa station d’épuration, où les eaux traitées sont ensuite utilisées pour irriguer les champs de pommes de terre. L’entreprise a annoncé un investissement de 3,5 millions d’euros pour améliorer ces processus sur ses deux sites de production, ce qui devrait permettre une réduction supplémentaire de 30 % de sa consommation d’eau d’ici 2031.
Par ailleurs, Cooperl, un des leaders du secteur, a économisé l’équivalent de 118 piscines olympiques l’année dernière, représentant plus de 32 % de sa consommation totale d’eau grâce à l’utilisation d’eaux usées traitées. Actuellement, ces eaux sont principalement utilisées pour le lavage des bétaillères et le refroidissement des installations. Cependant, un projet visant à les utiliser pour le traitement des carcasses de porcs est bloqué par des contraintes administratives, en raison de l’origine des eaux traitées.
Ces initiatives témoignent d’une volonté forte de l’agroalimentaire breton de s’adapter aux défis environnementaux tout en cherchant à optimiser ses ressources.
Source : Le Télégramme



