Au Nigéria, Lagos mise sur les ferries électriques pour traverser la lagune
La Banque européenne d’investissement (BEI) soutient le lancement d’un réseau de ferries électriques sur la lagune de Lagos, visant à offrir des trajets plus rapides, moins polluants et mieux intégrés aux autres modes de transport.
D’ici 2028, les habitants de la mégalopole de Lagos utiliseront des ferries électriques pour traverser la lagune, grâce à 75 nouvelles embarcations prévues par le projet Omi Eko, qui signifie « les eaux de Lagos » en yoruba. Ce projet s’inscrit dans la stratégie Global Gateway de l’Union européenne, qui vise à promouvoir des transports durables sur le continent africain.
Ambroise Fayolle, vice-président de la BEI, a déclaré lors de sa visite à Lagos que la modernisation de la flotte de bateaux est cruciale : « Ce qu’on voit ici à Lagos, c’est qu’il y a un élément qui manque très fortement. C’est de moderniser toute la flotte de bateaux. On va créer de nouvelles routes dans la lagune pour améliorer les conditions de vie et l’efficacité économique de Lagos. »
Des trajets quotidiens plus courts pour des milliers de Lagosiens
Actuellement, relier le quartier d’Ikoyi à la commune d’Ikorodu peut prendre jusqu’à deux heures par la route aux heures de pointe. En revanche, le trajet maritime dure un peu plus de 30 minutes, mais se fait sur des embarcations vieillissantes et de faible capacité.
Oyeyemi, un ingénieur travaillant sur les îles, témoigne : « Je viens ici tous les jours, d’Ikorodu jusqu’aux îles. Cela fait gagner du temps, mais ce serait mieux si on pouvait avoir plus de bateaux pour réduire les longues files d’attente. »
Les nouveaux ferries, pouvant accueillir jusqu’à 440 passagers, remplaceront les bateaux à moteur diesel, entraînant une réduction des émissions de 41 000 tonnes de CO₂ par an, selon l’autorité locale des voies navigables.
Ambitions multimodales
L’ambition des autorités va au-delà de l’introduction de ferries électriques. Oluwadamilola Emmanuel, conseiller spécial du gouverneur de l’État de Lagos sur l’économie bleue, explique que l’objectif est de créer un modèle de transport multimodal, reliant le transport routier, fluvial et, là où c’est possible, ferroviaire.
Ce projet, qui est sans précédent en Afrique, pourrait servir de modèle à d’autres villes du continent.
Source : RFI
