Microsoft : l’administration fédérale teste des alternatives
L’administration fédérale suisse, consciente de la dépendance croissante à Microsoft et des implications pour la souveraineté numérique, a décidé de lancer un test grandeur nature pour évaluer des alternatives. Cette initiative vise à réduire l’utilisation de programmes tels que Word, Excel, Teams ou Outlook, qui sont omniprésents au sein des institutions publiques.
Matthias Stürmer, professeur à la Haute école spécialisée bernoise (BFH), souligne trois préoccupations majeures liées à la domination de Microsoft : la protection des données, l’accès à ces données par des gouvernements étrangers, et l’augmentation continue des coûts de licence. En réponse à ces enjeux, la Confédération prévoit d’expérimenter des logiciels open source, dont le code est public et qui ne sont pas contrôlés par des géants technologiques.
Le projet pilote concernera environ 3000 postes de travail, représentant près de 7 % du personnel de l’administration fédérale. Cette phase initiale ciblera en priorité les employés ayant accès aux données les plus sensibles, y compris celles du Conseil fédéral. Bien que cette initiative soit saluée par des experts, certains estiment que la Confédération aurait pu aller plus loin en s’appuyant sur l’expérience de la Chancellerie fédérale et en tirant profit d’initiatives locales réussies, notamment celles des cantons de Zurich et de Bâle-Ville.
L’approche adoptée par la Confédération s’inspire de modèles étrangers. Par exemple, l’administration du Land de Schleswig-Holstein en Allemagne a réussi à réduire l’utilisation des logiciels Microsoft, avec quatre postes de travail sur cinq n’utilisant plus ces programmes.
Cette démarche témoigne d’une volonté de la part de la Confédération de tester des solutions alternatives et de diminuer sa dépendance à un acteur dominant du secteur technologique.
Source : Sujet TV: Rouven Gueissaz

