C’est la punition plutôt que le soin : un addictologue alerte sur la loi Ripost du gouvernement

L’Assemblée nationale a achevé vendredi soir l’examen en première lecture du projet de loi « Ripost » sur la sécurité au quotidien. Ce texte, porté par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, aborde divers sujets tels que le protoxyde d’azote, les free parties, les rodéos urbains et la lutte contre la consommation de stupéfiants. Le gouvernement espère voir son adoption mercredi prochain grâce au soutien du Rassemblement national.

Parmi les dispositions controversées, la loi permettrait au préfet de suspendre préventivement le permis de conduire d’une personne ayant un usage répété de drogues, même si les infractions ne sont pas liées à la conduite. Cet amendement suscite des divergences au sein même du camp gouvernemental.

Le professeur de psychiatrie et d’addictologie, Amine Benyamina, déplore cette approche en affirmant : « C’est la punition plutôt que le soin. » Bien qu’il ne soit pas opposé à des mes répressives, il souligne l’absence de propositions pour des soins et des préventions. Il dénonce également un amalgame entre « malades » et « délinquants », indiquant que la loi semble davantage s’adresser aux trafiquants qu’à tous les usagers de drogues.

Médecins du Monde a également appelé à mettre fin au « déni et à la stigmatisation » des personnes touchées par la toxicomanie, plaidant pour une approche moins répressive. Céline Debaulieu, responsable du plaidoyer de l’organisation, a insisté sur le fait que la répression isole et empêche les individus de rechercher des soins ou d’accéder à leurs droits.

Cette loi, si elle est adoptée, pourrait renforcer la stigmatisation autour de la toxicomanie sans offrir de solutions concrètes pour aider les personnes concernées.

Source : France Inter

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