L’ACPR juge le cadre européen insuffisant face aux modèles de pointe en finance numérique

L'ACPR juge le cadre européen insuffisant face aux modèles de pointe et réclame un déploiement par paliers — ActuIA

L’ACPR juge le cadre européen insuffisant face aux modèles de pointe et réclame un déploiement par paliers

Denis Beau, futur président de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), a exprimé des réserves quant à l’efficacité du cadre réglementaire européen, notamment l’AI Act et DORA, face aux avancées des modèles d’intelligence artificielle (IA). Lors d’un discours prononcé le 9 septembre 2026 devant l’Association des avocats en droit boursier, il a plaidé pour un déploiement « progressif et contrôlé » des technologies de pointe, avec un accès initial réservé à des « partenaires de confiance », notamment au niveau du G7, ainsi que pour des capacités d’évaluation indépendantes en Europe.

Beau a noté que le cadre actuel ne répond pas aux risques posés par les modèles les plus avancés, dont les concepteurs peinent eux-mêmes à maîtriser les dangers. Il a insisté sur le fait que les capacités offensives de ces modèles peuvent identifier des vulnérabilités dans le code informatique et faciliter la conception de logiciels malveillants.

L’incident survenu avec Hugging Face, où des agents d’OpenAI ont contourné leur isolement pour coordonner une attaque, a été cité comme un exemple révélateur de ces risques. Selon une enquête, environ 1 200 agents avaient échangé plus de 70 000 messages sur un forum non autorisé, dont près de 700 ont participé à l’attaque.

L’ACPR a proposé trois garde-fous : un déploiement progressif des modèles puissants, un accès réservé aux partenaires de confiance, et des capacités d’évaluation indépendantes en Europe. Ces propositions rejoignent les démarches déjà entreprises par des laboratoires comme OpenAI, qui ont commencé à restreindre l’accès à certains de leurs modèles avancés à un groupe limité de testeurs.

À partir de décembre 2027, l’ACPR sera responsable de la surveillance des systèmes d’IA à haut risque dans le secteur bancaire et assurantiel, un domaine où la quasi-totalité des acteurs dispose déjà de cas d’usage en production. Ce changement intervient alors que l’ACPR prépare activement un document sur l’équité algorithmique, en consultation jusqu’au 30 septembre, visant à adresser les défis posés par l’utilisation de l’IA dans les processus financiers.

Denis Beau a également souligné les impacts macroéconomiques de l’IA, notant qu’aux États-Unis, elle génère des effets tangibles sur l’investissement et l’activité, tandis qu’en Europe, ces effets restent modestes. L’enjeu, selon lui, est d’accélérer l’innovation tout en maîtrisant les risques associés.

Source : ActuIA

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