Lâcher Prise : Le Design Éthique au Service de la Déconnexion
La déconnexion devient un enjeu majeur dans un monde hyperconnecté, où le besoin de prendre du recul s’affirme comme une nécessité. Selon F. Jauréguiberry, dans son rapport de recherche pour l’Agence nationale de la recherche (2014), la déconnexion est révélatrice de l’homme hypermoderne, qui interroge ses choix face à l’angoisse de la marginalisation numérique. Cette tension souligne que la déconnexion ne peut pas reposer uniquement sur la volonté des salariés.
L’idée d’un droit à la déconnexion a émergé dès les années 2010, mais c’est la loi « El Khomri » de 2016 qui a intégré ce principe dans le code du travail, à l’article L. 2242-17. Ce droit permet aux salariés de ne pas répondre aux courriels, appels ou messages en dehors de leurs heures de travail, constituant ainsi un outil de régulation du lien de subordination.
En 2021, une étude de l’INSEE a révélé que 29 % des salariés en France estimaient avoir des difficultés à se déconnecter de leur travail, soulignant l’importance d’un cadre juridique pour protéger les temps de repos. Ce cadre vise à sanctuariser les moments de déconnexion, essentiels pour le bien-être des travailleurs.
La mise en œuvre de ce droit a ainsi des implications directes sur la santé mentale des salariés, en leur permettant de retrouver un équilibre entre vie professionnelle et personnelle.
Source : F. Jauréguiberry, Rapport de recherche, Agence nationale de la recherche, 2014; INSEE, 2021.