La solution, c’est l’acétamipride : Le débat sur la loi d’urgence agricole en Lot-et-Garonne
Après l’adoption de la loi d’urgence agricole par le Parlement, le débat reste intense en Lot-et-Garonne. Ce texte, voté le 21 juillet dernier, autorise, sous conditions et après avis de l’Anses, la réintroduction de l’acétamipride, un pesticide controversé. Les producteurs de noisettes, comme Charles-Henri Jonglas, coprésident des Jeunes Agriculteurs Lot-et-Garonne, soutiennent cette me, tandis que des écologistes s’y opposent fermement.
Charles-Henri Jonglas, installé à Coulx depuis 2016, est l’un des 350 producteurs de noisettes en France. Il affirme que « la solution, c’est l’acétamipride », en raison des dégâts causés par la punaise diabolique, qui aurait entraîné une baisse de 30 à 40 % des rendements depuis 2020. Il souligne que l’interdiction de l’acétamipride en 2018 a conduit à une augmentation du nombre de traitements phytopharmaceutiques, passant de deux à entre dix et quatorze, augmentant ainsi les coûts et le temps de travail des agriculteurs.
Les écologistes, quant à eux, s’opposent à cette réintroduction. Annie Messina et Paul Vo Van, deux élus au Département, qualifient la loi de « scélérate ». Ils dénoncent l’acétamipride comme « un poison pour la santé » et parlent d’une « régression environnementale » à un moment où les préoccupations écologiques sont pressantes.
La controverse met en lumière un conflit entre les besoins des agriculteurs et les préoccupations environnementales. Alain Briffeille, président de la FDSEA 47, alerte sur l’état psychologique des agriculteurs, évoquant un climat de détresse face aux aléas climatiques et aux réglementations.
En somme, la réintroduction de l’acétamipride soulève des enjeux cruciaux pour la filière agricole, opposant nécessité économique et santé publique.
Source : La Dépêche
