La Voie Lactée vient de grandir : trois sursauts gamma observés en rayons X redéfinissent sa carte
La Voie lactée vient de gagner en envergure. Des astronomes de l’INAF ont remesuré la distance des structures spirales extérieures de notre galaxie grâce aux échos en rayonnement X de trois explosions cosmiques lointaines. Leurs résultats, publiés le 1er juillet 2026, montrent que ces formations se trouvent jusqu’à 10 % au-delà des estimations précédentes. La position de la Terre, située à l’intérieur du système galactique, rendait ce calcul particulièrement complexe.
Des échos en rayonnement X redessinent la carte de la Voie lactée
Les astronomes ont exploité trois sursauts gamma survenus dans des galaxies éloignées. Ces explosions, parmi les plus puissantes connues, ont libéré des émissions X qui ont traversé notre galaxie. En rencontrant les grains de poussière présents dans les structures spirales, ces émissions ont formé des cercles concentriques lumineux. Les télescopes spatiaux XMM-Newton et Chandra ont capté ces formations entre 2003 et 2022.
Le diamètre de chaque cercle dépend directement de la distance au nuage de poussière qui l’a produit. Ainsi, les cercles larges correspondent à des nuages proches et les cercles étroits à des segments lointains. D’après l’étude publiée dans Astronomy and Astrophysics, cette méthode repose uniquement sur la géométrie, évitant les hypothèses sur la rotation galactique habituellement nécessaires pour estimer ces distances.
Le GRB 221009A, observé en 2022, constitue le sursaut gamma le plus brillant jamais enregistré. Les GRB 160623A et 031203, captés en 2016 et 2003, ont complété le jeu de données. Selon Beatrice Vaia, qui a dirigé l’étude à l’IUSS de Pavie, cette approche offre une me directe là où les autres reposent sur des modèles indirects.
Les limites extérieures de la Voie lactée reculent de 10 %
L’équipe a confirmé la distance entre le segment d’Orion, où se situe notre système solaire, et celui de Persée. Toutefois, les deux suivants se trouvent bien au-delà des estimations antérieures. L’Extérieur et l’Écu-Croix du Sud reculent tous deux jusqu’à 10 % par rapport aux modèles précédents, l’Écu-Croix du Sud se situant désormais à 62 000 années-lumière de la Terre.
Les données révèlent également que le nuage de poussière du segment le plus éloigné me environ 3 500 années-lumière de large, confirmant que les mes couvrent la totalité de la structure spirale et non un amas isolé.
De futurs télescopes affineront encore la carte de la Voie lactée
Cette méthode présente toutefois une contrainte majeure. Les sursauts gamma suffisamment brillants et visibles à travers le plan galactique restent très rares. En vingt-cinq ans, seule une poignée d’événements exploitables a été identifiée. Le co-auteur Andrea Tiengo, de l’IUSS de Pavie, souligne cette dépendance aux explosions fournies par l’univers.
Les futures missions spatiales pourraient lever cette limite. Le satellite NewAthena, futur observatoire en rayonnement X de l’ESA, détectera des échos très faibles aux confins de la Voie lactée. De plus, les quatrième et cinquième catalogues de Gaia, attendus en décembre 2026 et après 2030, fourniront des positions stellaires encore affinées, faisant de l’Écu-Croix du Sud une cible prioritaire pour préciser le contour de la galaxie.
Source : Astronomy and Astrophysics
