La Suisse mise sur sa diplomatie discrète pour faciliter le retour des enfants ukrainiens enlevés
Le gouvernement suisse a récemment intégré une coalition internationale visant à permettre le retour des enfants ukrainiens, déportés de force vers la Russie ou des territoires occupés par Moscou. Cette initiative marque un tournant après deux ans de retrait de la Suisse dans ce dossier.
Plus de 20 000 enfants ont été illégalement déportés d’Ukraine vers la Russie ou des zones occupées par les forces russes depuis le début du conflit en 2022, selon des chiffres de la Commission européenne. À peine quelques milliers d’entre eux ont réussi à retourner dans leur pays, des données qui proviennent de sources ukrainiennes, mais qui sont contestées par la Russie.
La Coalition internationale pour le retour des enfants ukrainiens, fondée en février 2024, regroupe près de 50 pays et a été lancée peu après l’invasion russe. La Suisse, qui participait déjà aux réunions en tant qu’observateur, a officialisé son adhésion au début de l’année 2026, à la suite de motions adoptées par le Parlement.
Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a déclaré que la Suisse mettra à disposition son expertise diplomatique pour faciliter les contacts entre les parties en conflit. Les autorités suisses n’ont cependant pas précisé quelles nouvelles contributions concrètes découleraient de ce statut.
Des discussions informelles, loin des médias, pourraient également jouer un rôle crucial dans le déblocage de situations complexes. Les retours d’enfants auprès de leurs familles se sont souvent réalisés grâce à l’intervention de personnalités disposant de réseaux solides, ainsi qu’à des organisations humanitaires.
La campagne ukrainienne « Bring Kids Back » recense plus de 20 000 cas d’enfants susceptibles d’avoir été transférés ou déportés de force. Des estimations avancées par le Humanitarian Research Lab de l’Université Yale évoquent même au moins 35 000 enfants, bien que ce chiffre soit contesté par la Russie.
En somme, la Suisse, par son engagement dans cette coalition, espère contribuer à un effort international pour retrouver et réintégrer les enfants ukrainiens déportés, tout en maintenant sa tradition de diplomatie discrète.
Source : Swissinfo



