La Suisse face à des restrictions d’exportation d’acier vers l’UE dès juillet
À partir du 1er juillet, la Suisse, ainsi que onze autres pays partenaires, verra ses volumes d’exportation d’acier vers l’Union européenne (UE) considérablement réduits. Les volumes d’importation en franchise de droits pour ces partenaires seront diminués d’environ 33 % par rapport aux niveaux précédents, selon une fonctionnaire de la Commission européenne, lors d’une conférence de presse.
L’UE met en place des mes de protection renforcées, réduisant les importations en franchise de droits de 47 %, ce qui ramène cette quantité à 18,3 millions de tonnes par an. De plus, un nouveau droit de douane de 50 % sera appliqué, contre 25 % auparavant. Cette décision intervient en réponse aux « surcapacités mondiales », principalement attribuées à la production excessive d’acier en Chine, qui a engendré une augmentation des importations sur le marché européen, menaçant ainsi l’industrie locale.
Négociations à l’OMC
Cette initiative est conforme aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), avec des accords de principe négociés à Genève. Les préoccupations des partenaires commerciaux les plus fiables ont été prises en compte dans le cadre de ces négociations.
La Suisse, qui a un accord de libre-échange (ALE) avec l’UE depuis 1972, a vu ses volumes commerciaux historiques, notamment pour les années 2022, 2023 et 2024, servir de base pour ces nouvelles restrictions.
Des contingents réduits
Les pays avec un ALE, mais sans accord spécifique avec l’UE, verront leurs exportations en franchise de droits diminuer en moyenne de 54 %. En revanche, les pays sans ALE subiront une réduction d’environ 69 % de leurs exportations en franchise de droits. Les membres de l’Espace économique européen (EEE), comme la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein, sont exemptés de ces mes. Malgré les efforts de Berne pour obtenir un traitement similaire, la Suisse n’a pas réussi à obtenir de dérogation.
Réactions de l’industrie
Jean-Philippe Kohl, directeur adjoint de Swissmem, a exprimé sa déception, soulignant que les contingents attribués à la Suisse pour les produits sidérurgiques sont bien inférieurs à ceux du passé. Il a averti que cette décision ne prend pas en compte le partenariat économique et politique étroit entre l’UE et la Suisse. Les usines d’acier suisses et leurs clients au sein de l’UE seront affectés, car ils devront chercher de nouvelles alternatives, un processus qui pourrait être long et coûteux.
Source : Commission européenne.