La Suisse n’est plus le château d’eau de l’Europe
Marco Spiller, gérant d’un bar au bord du lac Majeur, observe avec inquiétude le rivage boueux, à quelques kilomètres de Locarno. Malgré les préparatifs pour accueillir les baigneurs, la clientèle est rare en cette chaude journée d’été. La sécheresse a entraîné une baisse significative du niveau d’eau du lac, exposant un fond boueux qui dissuade les visiteurs. « Les gens ne viennent plus parce qu’il faut traverser toute cette boue », déclare Spiller, dont le chiffre d’affaires a été divisé par deux en juillet. Il ajoute : « Si ça continue, je vais avoir des problèmes de trésorerie. »
Cette situation s’inscrit dans un été caniculaire pour la Suisse. Le niveau d’eau du Rhin est également très bas, limitant les capacités de transport des bateaux à un tiers de leur volume habituel. Les rives du lac de Constance, désormais sèches, sont même visibles depuis l’espace. Le lac Majeur est sur le point de passer sous son niveau le plus bas jamais enregistré pour un mois.
Ces changements climatiques mettent en lumière une réalité inquiétante : la Suisse, traditionnellement perçue comme le château d’eau de l’Europe, fait face à des défis croissants liés à la gestion de ses ressources en eau. Les conséquences de cette situation pourraient affecter non seulement l’économie locale, mais également les relations avec les pays voisins en matière de partage des ressources hydriques.
Source : NZZ am Sonntag

