La bataille autour du symbole de la croix suisse sur les produits

La bataille autour du symbole de la croix suisse sur les produits

20 août 2026 – 11:00

Un nouveau changement de pratique autorise l’utilisation de la croix suisse sur des produits fabriqués à l’étranger. Selon un sondage, les PME et la population s’y opposent farouchement.

Depuis le printemps, la Suisse a modifié les règles relatives à la « Swissness » ou qualité suisse. L’Institut fédéral de la propriété intellectuelle (IPI) a assoupli sa pratique concernant l’utilisation de la croix suisse sur les produits industriels. Les entreprises peuvent désormais apposer ce symbole national sur des produits entièrement fabriqués à l’étranger, à condition que la propriété intellectuelle – c’est-à-dire la recherche, le développement ou la conception – ait été réalisée en Suisse.

L’IPI justifie cette me par la pression économique sur les entreprises suisses. La force du franc et les obstacles géopolitiques, tels que les droits de douane américains, poussent les entreprises à délocaliser leur production. Étant donné que le travail intellectuel générateur de valeur ajoutée reste souvent en Suisse, l’IPI fait valoir que ces entreprises devraient mettre en avant leurs racines helvétiques. La croix ne peut être utilisée qu’accompagnée de mentions telles que « Swiss Engineering » ou « Swiss Research ».

Pour l’Union suisse des arts et métiers (USAM) et son directeur Urs Furrer, ce changement de pratique est préjudiciable à l’économie nationale. Il met en garde contre une dilution de la valeur de la croix suisse, qui pourrait inciter à délocaliser la production à l’étranger. Plus de 90 % des PME suisses ne possèdent pas de sites de production à l’étranger et ont besoin que la croix suisse reste un gage de qualité et d’origine.

L’USAM a récemment publié un sondage révélant que 88 % des personnes interrogées souhaitent que la croix suisse soit réservée aux produits fabriqués exclusivement en Suisse. De plus, 87 % des PME estiment que l’assouplissement des règles constitue un inconvénient pour leur activité, craignant de perdre leur argument de vente face aux importations.

Urs Furrer considère cela comme un signal clair pour les responsables politiques, affirmant que « la croix suisse appartient à chacun d’entre nous » et qu’il continuera à militer pour qu’elle ne figure que sur les produits fabriqués en Suisse.

Source : Swissinfo

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