La bataille de Gaulle : le pari fou d’un général isolé

Le film La bataille de Gaulle : résistance prend l’affiche au Québec

Le film La bataille de Gaulle : résistance, première partie d’un diptyque réalisé par Antonin Baudry, sera projeté à partir de ce vendredi au Québec. Simon Abkarian y interprète le général Charles de Gaulle, un personnage initialement méconnu du public, qui lutte pour libérer la France de l’occupation nazie.

La question de savoir si Charles de Gaulle était fou se pose tout au long de cette épopée cinématographique de 2 heures et 38 minutes. Cette interrogation est soulevée par des figures historiques telles que Churchill, des partisans du régime de Vichy, et des proches du général, qui est encore loin de devenir le président de la Ve République.

Le film débute avec une scène marquante où de Gaulle, à bord de sa voiture, fonce vers un tank allemand près de Montcornet, une commune récemment occupée par l’armée du Troisième Reich. Cette manœuvre apparaît comme une action désespérée.

Antonin Baudry, réalisateur et co-scénariste du film, souligne que « pour accomplir des choses qui nous dépassent, il faut souvent une certaine folie ». Il rappelle que, à l’été 1940, de Gaulle ne possède pas les qualités requises pour mener à bien sa mission.

Lors de son discours emblématique du 18 juin 1940, diffusé sur les ondes de la BBC, de Gaulle est un général de brigade encore inconnu du grand public. Il s’oppose alors au maréchal Pétain, qui s’apprête à signer un armistice avec l’Allemagne nazie, ouvrant ainsi la voie à l’occupation de la France.

Bérénice Vila, coscénariste, rappelle que le récit national tend à faire croire que de Gaulle a simplement prononcé un discours et que le peuple l’a suivi, oubliant qu’il était alors très isolé et souvent perçu comme un homme dérangé.

Le projet cinématographique est ambitieux, avec un budget total estimé à 75 millions d’euros (120,5 millions de dollars canadiens) pour les deux parties. Le deuxième volet est prévu pour le 11 septembre. Le film a été tourné dans trois pays et comprend 190 décors ainsi que 150 personnages.

Le scénario s’inspire de l’ouvrage De Gaulle : une certaine idée de la France, de l’historien britannique Julian T. Jackson. Il met également en lumière l’importance de la jeunesse dans le mouvement de la Résistance, illustrée par la manifestation des lycéens du 11 novembre 1940, un acte de résistance peu connu.

Le film se distingue par sa représentation d’un de Gaulle atypique, incarné par Simon Abkarian, qui réussit à capturer la gestuelle unique du général. Ce dernier est dépeint comme un personnage rigide, souvent perçu comme un paladin, mais également guidé par un sens profond de l’honneur.

Ce récit historique, qui met en avant la force du collectif, souligne que chaque individu a contribué à changer le cours de l’histoire, même lorsque la cause semblait perdue.

Source : Louis-Philippe Ouimet

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