Sud de la RDC : La société civile dénonce la présence persistante de militaires sur des sites miniers illégaux
Le commandant de la 22e région militaire, basé dans le Katanga, a récemment annoncé le retrait de soldats d’un site minier près de Kolwezi, conformément à une instruction du président congolais datée du 10 juillet. Cependant, des sources locales rapportent qu’aucun soldat n’a quitté les lieux. Depuis 2019, plusieurs mes ont été prises par les autorités congolaises pour évacuer les forces armées des zones minières, mais celles-ci n’ont pas été mises en œuvre de manière effective. Les militaires sont souvent accusés de participer à l’extraction illégale de minerais et de violations des droits humains.
Dans une vidéo diffusée sur WhatsApp, le général Eddy Kapend a déclaré avoir ordonné l’évacuation des soldats du site minier de Kisankala, géré par la société Comide, appartenant au groupe kazakh Eurasian Resources Group (ERG). Ce site est l’un des nombreux exploités illégalement par des expatriés, souvent protégés par des militaires.
Le général a affirmé : « Les camions sont partis et on est en train de dégager tout le monde. Mais, lorsque vous avez des conflits, vous voulez voler les minerais d’autrui… C’est vous qui venez chercher des soldats pour protéger ce que vous avez. Moi, je les retire et je les déploie là où ils doivent travailler pour la République. »
Cependant, des témoins sur place à Kisankala signalent que les militaires restent présents. Maître Timothé Mbuya, directeur de l’ONG Justicia, a exprimé ses préoccupations : « Il y a plusieurs intérêts croisés dans les mines. Malheureusement, la déclaration faite ce week-end par le commandant de la 22e région militaire n’a été qu’un effet d’annonce. Nos moniteurs ont observé ce matin que sur les sites des sociétés Swanmines et Comide, toutes les positions occupées par ces militaires sont restées intactes. »
Depuis près de dix ans, les efforts pour démilitariser les sites miniers en République Démocratique du Congo se heurtent à des obstacles, avec une augmentation des militaires présents sur des périmètres occupés par des exploitants étrangers illégaux, selon les dénonciations de la société civile.
Source : RFI
