La scolarisation des filles : un enjeu économique majeur en Afrique
Plusieurs dirigeants africains se sont récemment réunis à Bujumbura, au Burundi, pour aborder la question de la déscolarisation des filles. L’objectif est clair : faire de la scolarisation des jeunes Africaines un moteur de croissance économique, en lien avec l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Cependant, la question demeure : ces engagements se traduireont-ils en actions concrètes pour convaincre les familles de maintenir leurs filles à l’école ?
La pauvreté, les grossesses précoces, les mariages forcés et les longues distances vers les établissements scolaires sont autant de facteurs qui expliquent les faibles taux de scolarisation des filles en Afrique. Aux Comores, par exemple, les obstacles demeurent significatifs. Soilihi Bibiyezi, une étudiante comorienne, souligne que le retard de scolarisation dans certaines régions éloignées conduit à des situations où des filles, âgées de 16 ou 17 ans, se retrouvent encore en classe de CM2 ou de 6e, ce qui peut être décourageant.
Au Burundi, d’autres facteurs viennent s’ajouter, notamment des pesanteurs sociales et un manque de sensibilisation. Clarette Kaze, lycéenne à Bujumbura, évoque les difficultés liées au harcèlement sexuel que certaines adolescentes subissent, ce qui peut avoir un impact négatif sur leur scolarité.
La situation est encore plus préoccupante dans certaines communautés. Chez les filles musulmanes au Burundi, le taux d’abandon scolaire est plus élevé, souvent en raison de mariages précoces. L’enseignante Zainab Hassan note que ce phénomène est exacerbé par un manque de sensibilisation de la part des parents et des leaders religieux concernant les bienfaits de l’éducation.
L’Union africaine souhaite faire de l’éducation des femmes un pilier central de son Agenda 2063, visant à renforcer le développement économique du continent. Il est essentiel de renforcer l’accès et le maintien des filles à l’école, notamment dans les filières scientifiques, le numérique, l’entrepreneuriat et la formation professionnelle.
Malgré un taux de scolarisation primaire élevé chez les filles, souvent supérieur à 90 %, les abandons restent préoccupants. En Afrique subsaharienne, seulement 43,5 % des filles terminent le premier cycle du secondaire, et à peine 27 à 29 % atteignent le second cycle.
Source : Deutsche Welle
