La Russie critique la neutralité suisse avant la votation UDC

La Russie critique la neutralité suisse avant la votation UDC

Alors que la votation sur l’initiative de l’UDC pour la neutralité approche, l’ambassade russe à Berne a exprimé des critiques envers la Suisse, la qualifiant de pays désormais ni démocratique ni neutre. Les opposants à cette initiative dénoncent une ingérence de la Russie dans les affaires internes suisses.

À deux mois de la votation, le débat sur la neutralité helvétique prend une ampleur internationale. L’initiative, portée par Christoph Blocher, vise à inscrire dans la Constitution une neutralité armée permanente. Si elle était adoptée, cela empêcherait la Suisse de reprendre des sanctions économiques contre la Russie, comme cela a été le cas après l’invasion de l’Ukraine.

Cette semaine, l’ambassade de Russie a publié un communiqué faisant référence à une étude critique sur la Suisse. Le Kremlin soutient que le pays s’est éloigné de sa neutralité en multipliant les exercices militaires avec l’OTAN, ces coopérations contribuant à entretenir « le mythe de la menace russe » et rapprochant la Suisse de l’Alliance atlantique. De plus, selon des sources russes, la Suisse aurait également abandonné sa neutralité en reprenant les sanctions de l’UE contre divers pays et en assouplissant ses règles sur les exportations d’armes.

Une prise de position qui divise

Ces déclarations, révélées par le Tages-Anzeiger, ont été qualifiées d’ingérence intolérable par des membres de la gauche. Benoît Gaillard, conseiller national socialiste vaudois, a averti qu’il était primordial de résister aux tentatives d’influence étrangère sur la démocratie suisse, ajoutant que la Russie n’est pas en position de donner des leçons de démocratie.

Ce n’est pas la première fois que le Kremlin s’en prend à la Suisse. Selon le Service de renseignement de la Confédération (SRC), la Russie aurait intensifié ses activités d’influence et de désinformation. Serge Bavaud, directeur du SRC, a noté que la version germanophone de la chaîne de télévision russe RT avait diffusé l’année précédente un quart de reportages supplémentaires sur la Suisse, totalisant plus de 300, avec un narratif axé sur une Suisse en déclin.

Pour l’UDC, ces critiques russes indiquent que la Suisse n’est plus perçue comme neutre. Didier Calame, conseiller national UDC, a déclaré que ces réactions étaient « de bonne guerre », soulignant que la Suisse, qui se dit neutre, ne devrait pas s’occuper des affaires russes en lien avec la guerre en Ukraine.

Source : Tages-Anzeiger

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