La Russie assouplit ses normes de carburant face aux frappes ukrainiennes
La Russie a récemment modifié ses normes de carburant afin de maintenir un approvisionnement intérieur, en réaction aux frappes de drones ukrainiens qui perturbent ses capacités de raffinage. Selon un rapport du quotidien économique Kommersant, les autorités russes ont donné le feu vert à certaines raffineries pour produire et vendre des carburants de qualité inférieure sur le marché domestique.
Cette décision reflète un compromis entre qualité et quantité. Pour éviter des pénuries plus graves, le gouvernement a accepté que l’essence et le diesel contiennent davantage d’impuretés. Cette me, discrètement mise en place à l’automne dernier, a été prolongée en mai sans annonce officielle.
Concrètement, des carburants étiquetés Euro-5 peuvent désormais contenir jusqu’à 150 milligrammes de soufre par kilogramme, soit quinze fois la limite normalement autorisée pour ce standard. De plus, ces carburants peuvent inclure une proportion plus élevée d’hydrocarbures aromatiques et d’additifs destinés à augmenter l’indice d’octane.
Actuellement, seules les raffineries engagées dans des programmes de modernisation supervisés par le ministère de l’Énergie sont autorisées à appliquer ces assouplissements. Ce ministère doit également rendre compte chaque mois au gouvernement des volumes produits et des installations concernées.
Malgré cette dégradation de la qualité, les carburants continuent d’être commercialisés sous l’appellation Euro-5, sans indication visible pour les consommateurs. Les automobilistes ne peuvent donc pas vérifier si le carburant qu’ils achètent respecte réellement les normes habituelles.
Les tensions sur l’approvisionnement se font déjà sentir dans plusieurs régions, y compris à Moscou. Les prix de gros de l’essence AI-95 et du diesel ont augmenté d’environ 10 % au cours de la première moitié de juin, tandis que le nombre de frappes de drones visant les raffineries russes a presque doublé depuis le début de l’année 2026.
Ces mes pourraient ne pas suffire à résoudre la crise que traverse la Russie. Selon des analystes du secteur, l’augmentation des volumes permise par ces dérogations ne fera qu’atténuer partiellement les pénuries régionales, sans rétablir un équilibre durable du marché. L’utilisation de carburants plus riches en soufre et en composés aromatiques pourrait également accélérer l’u des moteurs et des systèmes d’échappement, tout en posant des risques pour la santé.
Source : Kommersant et Euromaidan Press.