La Roumanie risque de perdre 770 millions d’euros de fonds de relance de l’UE
BUCAREST – La Roumanie s’apprête à perdre environ 770 millions d’euros de fonds de relance de l’Union européenne, suite à l’incapacité de son gouvernement d’intérim et de son parlement à adopter une réforme essentielle avant la date limite du 31 août.
Cette réforme, intégrée dans le Plan national de relance et de résilience (PNRR), visait à réformer la grille salariale du secteur public. Elle était liée aux derniers jalons nécessaires pour que le pays obtienne ces fonds. Des désaccords politiques ont empêché l’adoption de cette réforme à temps, comme l’a confirmé vendredi la présidence roumaine.
Le non-respect de cette échéance entraîne la perte de ces fonds, alors que le gouvernement avait déjà inclus ces montants dans ses budgets et projets en cours. Cette situation pèsera sur les finances publiques roumaines, déjà fragilisées.
Le ministre chargé des Fonds européens, Dragoș Pîslaru, a estimé que la Roumanie pourrait tout de même absorber plus de 90 % des subventions disponibles au titre du fonds de relance post-pandémique de l’UE.
Par ailleurs, un ensemble de mes d’intégrité, adopté récemment et lié au PNRR, a également suscité la controverse. Ces mes permettent d’exclure des élus de leurs fonctions en raison de cas passés d’incompatibilité ou de conflits d’intérêts. Le Premier ministre par intérim, Ilie Bolojan, a soutenu cette initiative, tout en qualifiant l’une de ses dispositions d’« immorale ».
Des membres du PPE (Parti populaire européen) et de Renew Europe (libéraux) ont affirmé que l’« amendement Fritz » vise le maire de Timișoara, Dominic Fritz, en raison d’une disposition rétroactive. Ils ont exhorté la Commission européenne à suspendre le versement des fonds en raison de cette me. Toutefois, la Commission a refusé de commenter, précisant que le paquet d’intégrité serait évalué lors de la sixième demande de versement de la Roumanie, qui n’a pas encore été soumise.
L’ancien Premier ministre et ministre des Finances, Florin Cîțu, a déclaré qu’il aurait été possible d’obtenir 9 milliards d’euros supplémentaires pour les infrastructures si les gouvernements suivants avaient poursuivi dans la voie qu’il avait tracée. Il a accusé la classe politique actuelle de privilégier des intérêts partisans au détriment de ceux de la Roumanie.
Le président Nicușor Dan est sous pression pour nommer un Premier ministre capable d’obtenir une majorité parlementaire, depuis qu’une motion de cen a renversé le précédent gouvernement en mai. Lors d’une récente conférence de presse, il a une nouvelle fois refusé de proposer un candidat, indiquant que les consultations reprendront en septembre.
Dan a également été critiqué pour son soutien continu au général Lucian Pahonțu, chef des services de sécurité, après qu’une enquête a révélé son implication dans la répression des manifestants lors de la révolution de 1989.
(Source : TVR, Digi24, Euractiv)

