Cette disparition marque la fin d’un projet culturel singulier
Après plus de quarante ans à explorer les patrimoines et les arts de la région, la revue 303 annonce la fin de son activité. La situation économique était devenue tendue, notamment suite à la suppression des aides régionales.
L’annonce est tombée ce jeudi 3 septembre. Fondée en 1984, la revue 303 a édité ses toutes dernières pages. Une décision difficile pour l’équipe qui s’est battue longtemps pour asr l’avenir économique de la maison, malgré les coupures de la région. La revue culturelle trimestrielle, dont le nom est l’addition des cinq numéros des départements ligériens, a été créée par Jacques Cailleteau, conservateur général du patrimoine des Pays de la Loire, grâce au soutien de la région.
Art contemporain, portraits d’artistes locaux, cinéma, biodiversité, la revue a abordé tous les sujets culturels qui font la richesse de la région. « 303 : addition de quelques nombres que le hasard de l’alphabet a bien voulu donner au départ. Et puis la volonté de faire sortir de leur existence paisible et souvent isolée la recherche et la création », c’est par ces mots que la maison a fait couler l’encre pour la première fois.
Près de 190 numéros plus tard, l’aventure se termine avec La Plage. « Hasard ou fidélité des choses, Jacques Cailleteau évoquait déjà ‘le bonheur des plages’ parmi les paysages, les sons et les images que le visiteur de la revue était invité à découvrir. Quarante-deux ans plus tard, la plage est toujours là », souligne l’équipe.
Depuis deux ans, l’équipe a multiplié les démarches pour asr la pérennité de la maison d’édition et de la revue : recherche de nouveaux partenaires, développement du mécénat, campagne de financement participatif, diversification des activités éditoriales. Malgré ces efforts, la suppression de la subvention régionale rend impossible la poursuite de l’activité après décembre 2026.
Une situation étonnante si l’on reprend les mots d’Olivier Guichard, président du conseil régional des Pays de la Loire lors de sa création : « Pour la première fois une région se dote d’un outil de qualité, tant dans le propos que dans la forme, ouvert à la recherche et à la tradition et attentif à l’imagination. » Quarante-deux ans plus tard, c’est la même institution qui tourne la page de ce projet.
L’aventure va donc s’arrêter pour les trois salariées des Éditions 303 qui vont être licenciées à la fin de l’année. Dans l’avant-propos du dernier numéro intitulé « Dernières pages », Aurélie Guitton, Elise Gruselle et Carine Seline font leurs adieux à cette aventure : « Si les pages de 303 se referment aujourd’hui, les histoires, les découvertes et les rencontres qu’elles ont fait naître nous accompagneront encore longtemps. Pendant deux ans, nous nous sommes toutes et tous battus pour permettre à la revue de poursuivre son histoire ; nous rêvions de préserver ce projet généreux et collectif. »
D’ici là, plusieurs opérations seront menées « pour permettre la diffusion la plus large possible du catalogue avant la fermeture ». Parmi celles-ci, une rencontre à la librairie Parchemins, un stand au 36ᵉ Salon de la revue à Paris, et une grande vente des Éditions 303 à Nantes.
Malgré la fin de la revue, l’équipe annonce laisser à l’association 303, en charge de promouvoir la diversité patrimoniale de la région ainsi que la création contemporaine, les moyens de rester active. « Les adhérents entendent poursuivre l’aventure sous une autre forme, avec l’espoir d’un redéploiement futur. »
Source : France 3 Régions

