La relève autochtone invitée au MAC pour explorer la mémoire

La relève autochtone invitée au MAC pour explorer la mémoire

Les artistes Marly Fontaine et Sierra Barber, d’origine innue et kanien’kehá:ka, font partie de la première cohorte du programme Habiter le MAC, qui offre à des artistes émergents un espace de création, du mentorat et un accompagnement professionnel pour développer leurs projets au Musée d’art contemporain (MAC) de Montréal. Au total, ce sont six artistes de la relève qui ont accès aux ateliers en résidence jusqu’en décembre. Elles céderont alors leur place à une autre cohorte pour les huit mois suivants.

Outre la création, le programme prévoit des rencontres et des ateliers auxquels le public est invité. Cet aspect enthousiasme particulièrement Marly Fontaine, car le dialogue et l’échange sont au cœur de son travail. « Quand je fais une performance ou une conférence, c’est la discussion qui vient après qui est importante, » observe l’artiste innue de 37 ans, originaire de Uashat mak Mani-utenam. Fontaine a installé des poufs pour les visiteurs dans son espace de travail et a apporté son ordinateur pour poursuivre son projet de doctorat en arts et culture orale innue à l’Université du Québec en Outaouais (UQO).

Habiter le MAC n’est pas une résidence d’artiste classique, mais plutôt un espace permettant aux artistes d’expérimenter sans viser des résultats concrets. Il n’y aura pas d’exposition à la fin, et les artistes bénéficient de l’expertise des intervenants du musée pour le développement de leur carrière. Fontaine souhaite profiter de cette opportunité pour explorer la réalité de l’histoire des Autochtones, en particulier celle des pensionnats, à travers divers projets, notamment des sculptures de savon évoquant le fait que les pensionnaires devaient laver leur langue s’ils parlaient leur langue maternelle.

Pour Sierra Barber, l’art est une manière de réfléchir à son héritage mohawk. Elle a été inspirée par son père, qui extériorisait ses émotions sur la toile. Membre de la communauté des Six Nations de la rivière Grand, Barber utilise des éléments de perlage popularisés à la fin du 19e siècle, intégrant des symboles invisibles pour les acheteurs dans ses œuvres. « Il s’agit d’un moyen de survie culturelle à travers le perlage, » souligne-t-elle.

Le public est invité à rencontrer Marly Fontaine le 22 juillet et Sierra Barber le 2 décembre. Elles participeront également à des ateliers de création cet automne et à des journées portes ouvertes au terme de leur résidence, les 5 et 6 décembre. Le Musée d’art contemporain de Montréal est temporairement situé à Place Ville-Marie, en attendant sa réouverture prévue en 2028.

(Source : Radio-Canada)

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