Pourquoi on célèbre toujours les femmes artistes. bien trop tard ?

Les grandes oubliées.

Souvent, les femmes illustres sont redécouvertes trop tard et exclues des manuels d’histoire et autres récits académiques. Cette observation est mise en avant dans le livre de Titiou Lecoq, qui souligne que l’on a davantage l’habitude de célébrer les hommes et de les ériger sur un piédestal. Le matrimoine, en comparaison, n’est mis en lumière que très récemment, alors même que les figures féminines sont omniprésentes dans les musées, notamment à travers leurs représentations sur toiles.

Les femmes artistes ne deviennent souvent reconnues qu’après leur décès. On peut citer la peintre suédoise Hilma Af Klint, qui a récemment eu droit à une exposition au Grand Palais, ainsi que la pionnière de l’informatique Ada Lovelace et Olympe de Gouges, l’autrice de la Déclaration des Droits de la Femme, qui commence enfin à être étudiée dans les cursus scolaires.

Le collectif Georgette Sand, dans son ouvrage “Ni vues ni connues”, recense 75 figures révolutionnaires et précurseurs dans leur domaine, allant de l’exploratrice Alexandra David-Néel à Rosalind Franklin, chimiste impliquée dans la découverte de l’ADN.

La question se pose alors : comment devient-on invisible ? Les manuels d’histoire ne sont que rarement neutres. Ils tendent à privilégier les figures masculines, souvent en raison de la reconnaissance de leurs pairs, du vol de travail, ou encore des inégalités du patriarcat. Ce phénomène est largement lié au choix de transmission des institutions, qui sont souvent dominées par des hommes dans les postes d’autorité.

Titiou Lecoq explique dans une interview à Terrafemina : « Les manuels d’Histoire, neutres ? Faux. Raconter en priorité l’histoire des hommes, c’est politique. Les femmes artistes ne réussissent pas ? Faux ! Elles sont effacées par l’Histoire. »

Le grand public est peu informé sur ces sujets, ce qui rend difficile la prise de conscience des « oublis » dans les dictionnaires et encyclopédies. Lecoq souligne que pendant longtemps, on n’a pas cherché à inclure les femmes dans l’Histoire, donc logiquement, elles n’ont pas été retrouvées.

En France, plusieurs initiatives cherchent à renverser cette tendance. Le prix Alice Guy, créé par la journaliste Véronique Le Bris, honore les réalisatrices françaises souvent négligées par les Césars. L’association H/F Ile-de-France organise les Journées du Matrimoine, tandis que la dessinatrice Pénélope Bagieu met en avant les femmes oubliées à travers sa saga des Culottées.

Il est crucial d’aborder ces questions aujourd’hui pour écrire l’Histoire de demain et célébrer le matrimoine, des livres aux sorties culturelles. Cela permettra d’évoluer avec les temps et les luttes.

Source : Titiou Lecoq, Terrafemina

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