Très rentable, la radiologie pèse de plus en plus lourdement sur le système de santé
Les coûts de l’imagerie médicale continuent d’augmenter à un rythme supérieur à celui du système de santé global. Cette spécialité, selon des données analysées par la RTS, génère des marges confortables pour les prestataires de soins.
Le groupe 3R, leader de la radiologie en Suisse romande, a récemment révélé des salaires de 600 000 francs pour certains de ses radiologues. Ce phénomène n’est pas isolé, d’autres centres de radiologie affichent également des salaires de base d’au moins 300 000 francs bruts pour un plein-temps, souvent accompagnés de bonus.
Les rémunérations de certains médecins salariés dépassent considérablement cette norme. Deux responsables de site perçoivent respectivement 480 000 et 613 000 francs, tandis qu’un spécialiste en cardiologie est rémunéré à hauteur de 560 000 francs par an. Des praticiens, payés principalement selon leur chiffre d’affaires, affichent des compensations atteignant 400 000 francs.
L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) précise que ces salaires ne sont pas réglementés au niveau fédéral, ce qui les rend indépendants de son contrôle.
En outre, les bénéfices pour les employeurs sont significatifs. Des cabinets récents peuvent atteindre des marges bénéficiaires allant jusqu’à 29%, tandis que des groupes plus établis rapportent des bénéfices pouvant atteindre 47% de leur chiffre d’affaires. Par exemple, un centre près de Zurich a enregistré 1,45 million de bénéfice sur un chiffre d’affaires de 5 millions en 2025.
Cette situation soulève des préoccupations quant à l’impact sur les primes d’assurance-maladie. Le Contrôle fédéral des finances a estimé que l’imagerie médicale coûtait 2,1 milliards de francs à l’assurance-maladie obligatoire, avec une augmentation annuelle de 5,3% entre 2019 et 2023, dépassant la hausse générale des coûts de la santé.
Un rapport confidentiel d’un centre du Mittelland a révélé une croissance de 15% de ses revenus au premier trimestre 2026 par rapport à 2025, malgré l’introduction du nouveau système tarifaire Tardoc. Ce dernier vise à réformer la tarification des examens, mais il reste à voir s’il parviendra à réduire le poids de la radiologie sur les primes.
Les conséquences de ces chiffres sont préoccupantes, incitant à une réévaluation des coûts et des investissements dans le secteur de la santé.
Source : RTS
