La protection des données freine le déploiement des LLM en Europe, selon une étude

La protection des données freine le déploiement des LLM en Europe, selon une étude

Par Egle Markeviciute, EU Tech Loop avec Euronews

Publié le 03/07/2026 – 7:00 UTC+2

Les géants mondiaux de la technologie attribuent de plus en plus souvent au cadre réglementaire de l’Union européenne les retards, voire l’absence de déploiement, de leurs derniers services et outils dans l’UE. Selon les analyses, le règlement sur les marchés numériques (DMA), la loi sur l’intelligence artificielle (AI Act) et les règles européennes en matière de protection des données constituent les principales raisons pour lesquelles les consommateurs européens accèdent à ces services plus tard que leurs homologues américains.

Le Center for the Governance of AI a publié un rapport portant sur 375 grands modèles de langage (LLM) lancés entre juin 2018 et mai 2026, comparant les retards entre les États-Unis, l’Union européenne et le Royaume-Uni. Le rapport indique qu’au moins 11 % des sorties de modèles de sociétés comme Meta, Google, OpenAI et Anthropic ont été retardées ou n’ont pas été proposées dans l’UE, tandis que 7 % ont été retardées ou non lancées au Royaume-Uni. Parmi les 68 retards et non-sorties recensés, des facteurs réglementaires sont en cause dans 56 cas.

Par exemple, l’UE a connu un retard de 71 jours pour le lancement de l’application web de Claude 3 Opus. Meta affiche le taux le plus élevé de retards et de non-sorties, avec 26 % de ses lancements annulés ou retardés dans l’UE et 15 % au Royaume-Uni.

Limitations liées à la protection des données : un cadre rigide et un manque de clarté

Le rapport souligne que la réglementation sur la protection des données est le principal obstacle, les modalités non textuelles (comme les images et les vidéos en temps réel) rencontrant des difficultés plus importantes que le texte. Le DMA, en vigueur depuis 2023, et l’AI Act, adopté en 2024, pourraient avoir des impacts négatifs à long terme.

Bien que le Royaume-Uni et l’UE aient des lois similaires, comme le RGPD, les obstacles semblent plus importants dans l’UE, en raison d’une application plus stricte des règles. Les auteurs notent que la lenteur à clarifier l’application des règles de protection des données par rapport à l’entraînement et au déploiement des LLM contribue à ces retards.

L’UE semble consciente que la rigidité de ses règles freine le développement de l’IA. Le projet de règlement Digital Omnibus, actuellement examiné au Parlement européen, vise à adapter ces règles pour favoriser l’IA. Parallèlement, l’UE révise la directive européenne sur le droit d’auteur pour mieux protéger les droits des auteurs.

Si ces réglementations restent trop rigides, l’accès aux modèles d’IA avancés pourrait devenir encore plus difficile. John Lidiard, chercheur en politiques de l’IA au sein de GovAI, souligne l’importance pour les décideurs de l’UE et du Royaume-Uni de reconnaître que ces barrières réglementaires peuvent retarder l’accès aux derniers modèles d’IA pour les citoyens et les entreprises.

Cette analyse a été publiée initialement sur EU Tech Loop et est reprise par Euronews dans le cadre d’un accord de syndication.

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