La production de lait pourrait diminuer de 30 % cet hiver en raison de la sécheresse
La sécheresse qui s’est installée début juin en France a asséché les prairies, rendant la pousse de l’herbe impossible. De nombreux éleveurs se voient contraints de puiser dans leurs réserves de fourrage d’hiver ou d’en acheter, ce qui représente une dépense supplémentaire pesant sur leurs exploitations.
Des prairies jaunies et des stocks qui s’épuisent : tel est le constat des éleveurs. Olivier Fridez, polyculteur et président de la FDSEA du Territoire de Belfort, souligne que depuis fin juin, ils nourrissent quotidiennement leurs animaux avec des réserves habituellement utilisées en hiver. « Nous sommes donc déjà passés sur un fonctionnement hivernal, alors que nous sommes encore en pleine période estivale », précise-t-il.
Olivier Fridez gère une exploitation de 500 ovins et une centaine d’hectares de maïs. Il n’envisage pas pour l’instant d’acheter du fourrage, préférant utiliser ses surfaces destinées au maïs en grain pour nourrir ses animaux. Cependant, il est conscient que d’autres éleveurs n’ont pas cette option et devront se tourner vers le marché, où la demande de foin est déjà forte, exacerbée par les achats des éleveurs suisses.
Pour sécuriser leurs stocks, la FDSEA a mis en place une banque d’échange pour relier les agriculteurs souhaitant acheter ou vendre du fourrage. Le syndicat a également sollicité l’État pour une aide au transport de fourrage, en attente d’une réponse de la ministre de l’agriculture.
La FDSEA du Territoire de Belfort n’a pas encore évalué l’ampleur du manque dans le département, mais Olivier Fridez estime qu’il pourrait s’élever à 30 à 50 %. Les stocks de foin et de paille sont également en baisse, les récoltes ayant été fortement réduites. « À partir de fin juin, début juillet, les cultures ont été anéanties par le manque d’eau », explique-t-il.
Les conséquences de cette sécheresse se feront également sentir cet hiver, avec une prévision de baisse de la production de lait de 30 %, en raison de la mauvaise qualité et quantité de fourrage disponible. La FDSEA prévoit d’évaluer les parcelles avec les services de l’administration pour déterminer les pertes. Si celles-ci dépassent 50 %, une demande de déclenchement de l’Indemnité de solidarité nationale (ISN) pourra être engagée.
Olivier Fridez souligne que les pertes pourraient dépasser 50 %. « Habituellement, un hectare de maïs produit environ 40 tonnes de matière verte. Aujourd’hui, certaines parcelles n’atteignent que 5 ou 6 tonnes », dit-il.
Cette situation amène à réfléchir sur la gestion de l’eau, avec un besoin d’irrigation dans les années sèches tout en évitant des projets démesurés.
Source : France 3 Régions


