Pourquoi la maladie de Parkinson touche-t-elle plus les hommes que les femmes ?
Une étude présentée le 8 juillet au Forum 2026 de la Fédération des sociétés européennes de neurosciences met en lumière des différences génétiques entre les hommes et les femmes dans les cellules cérébrales, expliquant pourquoi les premiers sont davantage touchés par la maladie de Parkinson.
La maladie de Parkinson, qui affecte aujourd’hui près de 9,4 millions de personnes dans le monde, se caractérise par une dégénérescence progressive de certaines zones cérébrales. Elle est environ 1,5 à 2 fois plus fréquente chez les hommes, qui montrent également une évolution plus rapide des symptômes. Cette disparité soulève des questions qui intriguent les scientifiques depuis plusieurs années. La récente étude, menée par Julia Schulze-Hentrich de l’université de la Sarre en Allemagne, apporte des éléments de réponse.
L’analyse des échantillons de cerveau post-mortem de 73 personnes atteintes de la maladie (28 femmes et 45 hommes) comparés à un groupe témoin de 24 individus non atteints (9 femmes et 15 hommes) révèle des différences notables. Bien que certaines réactions au stress soient communes, des variations significatives existent entre les sexes. Par exemple, l’activité des gènes liés aux mitochondries dans les astrocytes, des cellules de soutien du cerveau, diffère selon le sexe. De même, l’activité des gènes dans les oligodendrocytes, qui synthétisent et maintiennent la myéline, varie également.
Ces résultats suggèrent que la maladie de Parkinson engendre des réponses au stress similaires chez tous, mais que des différences cellulaires influencent la manière dont les hommes et les femmes gèrent l’énergie et protègent les connexions nerveuses.
Dans environ 90 % des cas, la maladie résulte d’une combinaison de facteurs génétiques, environnementaux et liés au mode de vie. Les chercheurs confirment que ces interactions sont complexes et varient selon le sexe, ce qui pourrait expliquer les écarts observés dans la fréquence et la progression de la maladie. Cette découverte pourrait conduire à des traitements plus personnalisés, en évitant de considérer tous les patients comme biologiquement identiques.
Source : La Dépêche
