« Les heures non réalisées seront reportées » : polémique à La Poste après les incendies en Gironde
En Gironde, plus de 500 postiers, qui n’ont pas pu travailler pendant plusieurs jours en raison des récents incendies, viennent d’apprendre qu’ils devront rattraper les heures perdues. Cette décision est perçue comme profondément injuste par les salariés, qui la vivent comme une double peine.
La semaine dernière, les flammes ont menacé la ville de Cestas, entraînant la fermeture du centre de tri de La Poste pendant sept jours. Dans une lettre adressée aux employés, la direction de La Poste en Nouvelle-Aquitaine a précisé que chaque postier serait intégralement rémunéré malgré la suspension temporaire de son activité, mais que les heures non réalisées devront être reportées.
Une agente de tri, qui a souhaité rester anonyme, a exprimé son indignation : « Je ne suis pas d’accord. Les incendies étaient là. Non, on ne va pas rattraper les heures. Personnellement, il y en a beaucoup dans la vie qui ne peuvent pas rattraper derrière. Moi, je ne pourrai pas. »
Les syndicats, qui ont déposé un préavis de grève, dénoncent cette me, affirmant qu’elle permettrait à la direction de cumuler des heures de travail à faire effectuer ultérieurement, notamment pendant des périodes de forte demande comme Noël. Johnny Perré, délégué syndical CGT, a déclaré : « Elle pourra nous faire travailler une heure de plus par jour gratuitement, en récupérant ces heures. »
Cette situation suscite une colère et une incompréhension parmi les habitants. Plusieurs d’entre eux ont exprimé leur mécontentement face à l’obligation de rattraper les heures perdues.
D’un point de vue légal, la me est conforme aux réglementations en vigueur, à condition de respecter certaines conditions, comme l’information de l’inspection du travail et la récupération des heures dans un délai maximum de 12 mois. Me Karine Audouze, associée en droit social, a précisé que la limite de récupération est d’une heure par jour, soit huit heures par semaine.
Contactée, La Poste a réaffirmé que les salariés seraient intégralement rémunérés. Un comité social et économique doit se réunir prochainement pour examiner ce dispositif.
Source : Franceinfo.


