La Pologne accusée d’annoncer l’annexion d’un territoire tchèque suite à une cyberattaque

20 août 2026 – Le 16 août, le site internet de la radio PiK de Bydgoszcz a été victime d’une cyberattaque, entraînant la publication d’un faux article indiquant que la Pologne envisageait d’occuper une partie du territoire tchèque. L’article, intitulé : « Médias tchèques : la Pologne prévoit l’occupation du territoire tchèque – le ministère des Affaires étrangères de la République tchèque a reçu un document », a suscité de vives inquiétudes.

Le rédacteur en chef de Radio PiK, Cezary Wojtczak, a confirmé à l’Agence de presse polonaise (PAP) que les cybercriminels avaient accédé au service après avoir pris le contrôle du mot de passe d’un employé. L’incident est actuellement sous enquête par le Bureau central de lutte contre la cybercriminalité, et la radio a rapidement supprimé le contenu mensonger tout en informant le public de l’attaque.

Avant le piratage, des fausses informations concernant le tracé de la frontière polono-tchèque circulaient déjà sur les réseaux sociaux, selon le Réseau scientifique et académique d’informatique (NASK). De plus, un compte frauduleux se faisant passer pour l’ambassadeur de la République tchèque en Pologne, Brzetysław Dancak, a diffusé un document prétendument émis par le ministère polonais des Affaires étrangères, affirmant que Varsovie revendiquait une partie du territoire tchèque.

Ce document a été identifié comme faux, probablement généré par intelligence artificielle, et contenait des éléments incohérents, notamment un mélange de tchèque et de polonais dans sa rédaction. Le faux compte a également diffusé une vidéo où une personne se faisant passer pour Dancak s’opposait prétendument aux revendications territoriales polonaises.

Des profils usurpant l’identité d’autres responsables politiques, comme le sous-secrétaire d’État polonais aux Affaires étrangères, Artur Harazim, ont également été signalés. L’un d’eux a tenté de renforcer la crédibilité de la désinformation en publiant un prétendu « rectificatif » concernant la superficie des zones contestées, indiquant une différence de 368,44 hectares par rapport à d’autres données.

Cette campagne de désinformation semble viser à exacerber les tensions entre les Polonais et les Tchèques, en exploitant un sujet sensible lié à l’histoire des délimitations frontalières. Ce différend, portant sur 368 hectares, remonte à la délimitation de la frontière polono-tchécoslovaque après la Seconde Guerre mondiale, lorsque des modifications territoriales avaient été apportées sous l’influence soviétique.

La frontière a été définitivement tracée en 1958, avec une réduction d’environ 80 kilomètres et 85 tronçons modifiés, entraînant une compensation territoriale qui a abouti à un gain net de 368 hectares pour la Tchécoslovaquie de l’époque.

Source : PAP

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