Un mois après son arrivée, la police a-t-elle changé la vie du quartier des Moulins à Nice? On a posé la question aux habitants

Un mois après son arrivée, la police a-t-elle changé la vie du quartier des Moulins à Nice ?

Depuis l’ouverture d’un poste de police municipale dans le quartier des Moulins, voulu par le maire Éric Ciotti, les habitants expriment des sentiments partagés sur l’impact de cette présence policière. Amra, une résidente, souligne : « On les voit de temps en temps. En général, ils sont trois et marchent dans le quartier. Ils sont sympas d’ailleurs, ils parlent avec les gens. Ça fait de la présence policière, c’est toujours un plus. »

Cette nouvelle initiative a été lancée après la fusillade meurtrière du 11 mai 2026, qui a coûté la vie à deux pères de famille, Adisson et Ahmed, et blessé six autres personnes. Ce jour-là, un homme avait ouvert le feu sur un commerce près d’un point de deal, provoquant une onde de choc dans cette cité de l’ouest niçois, qui vit depuis dans un climat d’insécurité.

Amra se montre toutefois sceptique quant à l’efficacité de la police municipale. « La police de proximité peut perturber le petit deal, mais elle n’arrêtera pas les tueurs déterminés ou les règlements de comptes à l’arme lourde. Je pense que le tireur serait venu quand même, même avec le poste de police. Ils font peur aux jeunes dealers, mais pour les caïds, ce n’est pas dissuasif. »

Le poste de police a ouvert ses portes une semaine après la fusillade, mais son fonctionnement reste flou, sans accueil du public. Abdallah, un autre habitant, partage ses préoccupations : « Je suis content pour la police aux Amaryllis, c’est bien, ça enquiquine les petits jeunes qui vendent de la drogue. Mais je ne suis pas sûr qu’ils restent longtemps. Le poste n’est pas sécurisé et il n’y a pas de caméras. Au début, ils étaient nombreux ; là, on les voit de moins en moins. »

Karim, un autre résident, souligne la fragilité de cette présence : « J’ai peur que les autorités aient déjà oublié les derniers morts, mais nous, on vit toujours dans la peur. » À proximité, des enfants jouent, mais les mères de famille restent vigilantes face à la réalité des points de deal encore actifs dans le quartier.

Les habitants semblent s’accorder sur un point : « Si le poste est vide, c’est comme s’il n’y avait rien. » La présence policière, bien qu’appréciée, n’a pas encore suffi à apaiser les craintes d’une communauté encore marquée par la violence.

Source : Nice Matin

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