La probabilité qu’un collège ou un lycée dispose de tout le personnel nécessaire est proche de zéro
CPE, bibliothécaires, cuisiniers, secrétaires… Le syndicat des personnels de direction alerte sur des carences de plus en plus importantes dans les métiers qui entourent l’enseignement, tout aussi indispensables au bon fonctionnement des établissements.
Les conseillers principaux d’éducation (CPE), assistants d’éducation (AED), auxiliaires de vie scolaire (AVS), bibliothécaires, secrétaires, agents comptables et membres du personnel médical et social dépendent de l’éducation nationale. Les cuisiniers, concierges, techniciens de maintenance et agents d’entretien, quant à eux, sont employés par les collectivités locales. Tous contribuent au bon fonctionnement des établissements scolaires. Pourtant, le syndicat national des personnels de direction de l’éducation nationale (SNPDEN-Unsa) a alerté que « la probabilité qu’un collège ou un lycée dispose de tout ce personnel est proche de zéro ».
Le non-remplacement des enseignants est un problème structurel documenté, avec la Cour des comptes qui a établi en décembre 2025 que 9 % des heures de cours n’étaient pas assurées dans les collèges publics et privés sous contrat en France métropolitaine pour l’année 2023/2024. Le service statistique de l’éducation nationale (Depp) a également relevé qu’environ 10 % des heures d’enseignement n’ont pas été assurées dans les établissements publics du second degré en 2024-2025, un chiffre en hausse par rapport à l’année précédente.
Les enquêtes parlementaires, ainsi que les actions en justice intentées par des familles contre l’État, soulignent l’importance de ce sujet. En effet, le Conseil d’État a reconnu sa responsabilité lorsque des élèves sont privés d’enseignement des matières obligatoires.
Les politiques mises en place pour réduire le nombre d’heures perdues ont montré des résultats jugés « modestes » par la Cour des comptes. Le SNPDEN-Unsa a noté une amélioration pour les absences de courte durée. Cependant, les absences de longue durée restent un défi majeur. Olivier Beaufrère, secrétaire nationale éducation et pédagogie du SNPDEN-Unsa, a précisé que des dispositifs comme le pacte enseignant, qui permet aux professeurs de remplacer leurs collègues contre rémunération, ne s’appliquent pas aux absences prolongées.
Les carences dans d’autres professions continuent d’augmenter. « Il y a deux cas de figure : soit le poste est prévu mais nous ne parvenons pas à recruter, soit il n’est pas doté », explique Beaufrère. En conséquence, 76 % des personnels de direction déclarent avoir dû compenser partiellement ou totalement l’absence d’un personnel non remplacé, ce qui entraîne une surcharge de travail.
Sans moyens pérennes, les établissements scolaires peinent à fonctionner correctement.
Source : SNPDEN-Unsa, Cour des comptes, Depp.
