La performance et la vivacité durable du cinéma tunisien [2/5] - Reportage Afrique

La performance et la vivacité durable du cinéma tunisien

La série dédiée aux cinémas africains met en lumière la résilience du cinéma tunisien, qui s’affirme parmi les plus remarquables du continent. En 2026, quatre films tunisiens ont été projetés en salles en France, tandis que la réalisatrice Kaouther Ben Hania a été nominée aux César et aux Oscars. Malgré un contexte politique difficile et une régression des libertés, le cinéma tunisien continue de se démarquer grâce à une nouvelle génération de cinéastes.

Plusieurs facteurs expliquent la pérennité du cinéma tunisien sur la scène internationale. La production locale, soutenue par un système de coproduction, joue un rôle clé. Lamia Belkaid-Guiga, auteure de Caméra témoigne, souligne : « Le cinéma tunisien s’ouvre de plus en plus sur la coproduction, qui a été initiée par l’État. C’est un cinéma soutenu par l’État, qu’on le veuille ou non. » La Tunisie bénéficie également d’une formation solide, avec de nombreuses écoles de cinéma créées dans les années 2000, héritage d’une tradition d’envoi d’étudiants à l’étranger depuis l’indépendance.

Un point fort du cinéma tunisien est son ouverture vers l’Occident. Des réalisateurs vivant en France, en Italie ou en Belgique contribuent à la diffusion internationale de leurs œuvres, favorisant ainsi l’accès à de nouveaux marchés. Ce dynamisme est également renforcé par un écosystème d’accompagnement dans l’écriture, la post-production et la distribution des films, tant au niveau national qu’international.

Malgré des restrictions croissantes des libertés dans divers secteurs, le cinéma en Tunisie échappe à la cen. Lamia Belkaid-Guiga affirme : « Le cinéma est intouchable. Le Tunisien a appris à gérer ses limites dans la création, à contourner les paramètres. L’acte de création est synonyme de liberté. » Cette audace est visible dans les œuvres d’une nouvelle génération de réalisateurs tels que Leyla Bouzid et Mehdi Barsaoui.

Enfin, le secteur technique bénéficie d’un vivier de talents formés localement, qui contribuent à la qualité des productions tunisiennes ainsi qu’à des films africains et arabes.

Source : RFI

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