La passivité du Portugal face à l’Espagne a fait de “la dernière danse” de Ronaldo un “slow”
Le rêve portugais de remporter enfin une Coupe du monde s’est arrêté dès les huitièmes de finale. Battue 1-0 par l’Espagne, la Seleção quitte le Mondial avec un sentiment d’immense gâchis. Au lendemain de l’élimination, la presse portugaise oscille entre émotion, autocritique et projection vers l’après-Roberto Martínez. Tous les grands quotidiens dressent le même constat : cette génération exceptionnelle n’a jamais joué à la hauteur de son talent.
Dans son édition du 7 juillet 2026, le quotidien de Lisbonne Público titre sobrement : “The end. Le Portugal trébuche à nouveau contre l’Espagne”. À la une, Cristiano Ronaldo quitte la pelouse d’Arlington tête basse, pendant que les Espagnols célèbrent leur qualification. En pages intérieures, le quotidien décrit un Portugal anesthésié : “On aurait dit qu’il existait un pacte de non-agression entre le Portugal et l’Espagne. Mais ce n’était qu’un leurre. Les Portugais se sont endormis pendant la sieste… et rentrent à la maison.” Cette métaphore illustre la passivité portugaise, tandis que “l’Espagne était la propriétaire du ballon” et a logiquement fini par faire la différence.
Une génération sacrifiée
L’émotion domine chez Record, qui barre sa une d’un simple “C’est fini”. Les larmes de Cristiano Ronaldo occupent toute la première page, accompagnées de sa déclaration : “C’était ma dernière Coupe du monde. Mais je ne déciderai pas à chaud si je continue.” L’éditorial rend hommage au capitaine, estimant qu’il “aurait tant mérité de remporter un Mondial au regard de sa carrière exceptionnelle et de tout ce qu’il a donné au Portugal”, tout en regrettant que la Seleção ait été éliminée “sans jamais parvenir à exprimer réellement son talent”.
Chez O Jogo, le ton est plus mordant. “On se revoit à la maison,” titre le quotidien, qui rappelle que le rêve est désormais reporté à 2030, lorsque le Mondial se jouera dans la péninsule Ibérique. Roberto Martínez, le sélectionneur, a déclaré : “Fin de cycle, c’était mon dernier match avec la sélection.” Dans son éditorial, Luís Freitas Lobo fustige l’incapacité du sélectionneur à remettre en cause le statut de Cristiano Ronaldo, affirmant : “Il n’a jamais osé toucher à l’intouchable Ronaldo. Incompréhensible.”
Passage de témoin
Enfin, A Bola choisit une couverture en forme de passage de témoin : “Adiós” pour Roberto Martínez, dont le départ est annoncé, et “Olá” pour Jorge Jesus, déjà présenté comme son successeur. Cristiano Ronaldo, lui, remercie son sélectionneur : “Merci au coach. C’est un grand entraîneur et un grand homme.” Cependant, le journal livre un réquisitoire sévère contre le jeu proposé durant le tournoi. Son éditorial, intitulé “La dernière danse était un slow”, résume toute la frustration du pays, en affirmant : “Nous ne saurons jamais ce qu’aurait été cette Coupe du monde avec un entraîneur courageux… ou un capitaine lucide.”
L’élimination du Portugal soulève des questions sur l’avenir de cette génération dorée, qui pourrait ne pas avoir l’occasion de briller à nouveau sur la scène mondiale.
Source : Público, Record, O Jogo, A Bola
