La NASA à la rescousse du télescope Swift : une mission audacieuse

Une opération inédite, prévue pour s’étendre sur plusieurs mois, débute avec le lancement d’un robot conçu pour secourir le télescope Swift, qui est en chute libre vers la Terre. Sans intervention, cet instrument scientifique brûlerait bientôt dans l’atmosphère. Le robot, développé par la start-up américaine Katalyst, doit décoller mardi à 10H23 GMT depuis un atoll du Pacifique, propulsé par une fusée Pegasus lancée depuis un avion.

Regina Caputo, astrophysicienne de la NASA, a déclaré : « Tout dans cette mission est tellement fou », tout en présentant le plan d’action élaboré avec Katalyst.

Après son lancement, le robot devra localiser le télescope dans l’immensité de l’espace, le contourner et s’y agripper à l’aide de trois bras mobiles. Il devra ensuite le propulser à environ 300 kilomètres plus haut, permettant ainsi au télescope de continuer sa mission pendant encore des années, au lieu de brûler en entrant dans l’atmosphère.

Shawn Domagal-Goldman, directeur de la division astrophysique de la NASA, a évoqué une « succession de premières jamais réalisées », tout en exprimant sa gratitude d’avoir « la chance d’au moins essayer » face aux risques associés à cette mission.

Le télescope Neil Gehrels Swift Observatory, lancé en 2004, était initialement prévu pour une mission de deux ans. Conçu pour étudier les sursauts gamma, il est actuellement situé à environ 600 kilomètres de la Terre. Cependant, à cette altitude, l’engin risque de perdre de l’altitude et de brûler dans l’atmosphère, un phénomène normal lors des périodes d’activité solaire accrue.

Les équipes de la NASA ont envisagé le sauvetage du télescope lorsque des prévisions ont montré qu’il disparaîtrait bientôt. La mission, évaluée à 30 millions de dollars, vise à sauver un appareil qui a coûté 250 millions.

Le robot LINK doit surmonter de nombreux défis, notamment des incertitudes sur la structure de l’arrière du télescope. Regina Caputo a noté que ses chances de réussite « sont peut-être d’une sur deux ».

Cette mission, qui pourrait durer jusqu’à l’automne, pourrait ouvrir la voie à de nouvelles approches dans la gestion des appareils spatiaux. Robert Lamontagne, un responsable de Katalyst, a souligné qu’elle pourrait marquer « le début d’un nouveau modèle » pour le ravitaillement, repositionnement et réparation des satellites.

Source : AFP

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