Les abeilles dans l’espace : une expérience inédite de la NASA en 1984
En avril 1984, la NASA a embarqué une colonie d’environ 3 300 abeilles ouvrières à bord de la navette Challenger, lors de la mission STS-41-C. L’objectif était d’observer leur capacité à construire des rayons de cire en apesanteur, comme l’indique le musée national de l’air et de l’espace. Ce projet innovant est né de l’idée d’un lycéen du Tennessee, qui a été sélectionné dans un programme permettant aux élèves de concevoir des expériences scientifiques pour l’orbite.
Un lycéen à l’origine de l’expérience
L’expérience a été conçue par Daniel Poskevich, un lycéen de Waverly, dans le Tennessee. Le programme de la NASA a permis à son projet d’être retenu, soulevant une question fondamentale : les abeilles peuvent-elles encore orienter leurs constructions sans le repère du haut et du bas ? Le matériel utilisé, le Bee Enclo Module, fourni par Honeywell, contenait les abeilles et leur reine, avec suffisamment de nourriture pour une semaine. Une ruche témoin restait au sol dans des conditions identiques pour permettre une comparaison des comportements.
Des abeilles dans l’espace d’abord perdues, puis méthodiques
Au lancement, la colonie a d’abord perdu ses repères, comme l’ont montré les images rapportées par l’équipage. Les abeilles se heurtaient au plafond de leur enceinte, cherchant un repère devenu inutile. Après quelques jours, leur comportement s’est stabilisé. Au septième jour de vol, les abeilles avaient construit un rayon de cire d’environ 200 centimètres carrés, presque équivalent à celui de la ruche témoin restée sur Terre, démontrant leur capacité à retrouver une géométrie sans repères naturels.
Une reine déroutée et des questions pour l’apiculture orbitale
Cependant, la reine n’a pondu qu’une trentaine d’œufs, dont aucun n’a éclos durant la mission. En temps normal, une reine pond des centaines d’œufs en une semaine. Ce résultat soulève des interrogations sur l’impact de l’apesanteur sur le développement des larves. Néanmoins, l’expérience a prouvé que l’instinct bâtisseur des abeilles persiste en l’absence de gravité, offrant des perspectives intéressantes pour la pollinisation de cultures en orbite ou sur d’autres planètes. Depuis cette expérience, d’autres insectes, tels que des fourmis et des mouches, ont également été envoyés dans l’espace pour étudier comment les organismes vivants s’adaptent à des conditions sans poids.
Source : Musée national de l’air et de l’espace.

