Autour de la Terre tournait depuis des mois en 2002 un corps catalogué comme astéroïde que la NASA avait elle-même lancé

Un astéroïde découvert en orbite terrestre était en réalité un étage de fusée Apollo

Le 3 septembre 2002, l’astronome amateur Bill Yeung a annoncé la découverte d’un objet céleste qu’il croyait être un astéroïde de trente mètres de large en orbite autour de la Terre. Cependant, cette découverte a rapidement pris une tournure inattendue, révélant que l’objet, désigné J002E3, n’était pas un astéroïde naturel.

Les astronomes du Minor Planet Center ont rapidement identifié des anomalies dans l’orbite de J002E3, suggérant qu’il ne pouvait pas s’agir d’un astéroïde capturé par la Terre, une occurrence statistiquement rare. Les analyses ont révélé que l’objet était entré dans une orbite autour de la Terre en avril 2002, après avoir circulé sur une orbite héliocentrique. Paul Chodas du Jet Propulsion Laboratory (JPL) a déterminé que J002E3 avait probablement été le troisième étage de la fusée Saturn V ayant servi lors de la mission Apollo 12 en novembre 1969.

Des observations infrarouges menées par des chercheurs du MIT et de l’Université d’Arizona ont confirmé que l’objet présentait des caractéristiques spectrales similaires à celles de la peinture à l’oxyde de titane, utilisée sur les fusées Apollo. Ces résultats ont conduit à la conclusion que J002E3 était en fait un débris spatial humain, et non un astéroïde.

La recherche sur l’origine de l’objet a révélé qu’il s’agissait très probablement de l’étage de la fusée Apollo 12, laissé sur une orbite héliocentrique après son passage près de la Lune en novembre 1969. Les données orbitales corroborent cette hypothèse, indiquant que cet objet a refait surface après plus de trente ans dans l’espace.

Ce débris spatial devait s’échapper après sa sixième orbite en 2003, avant de retourner dans une orbite terrestre dans les décennies suivantes. Ce phénomène met en lumière la manière dont l’espace proche de la Terre conserve des traces de nos anciennes missions spatiales, pouvant parfois donner lieu à des alertes scientifiques erronées.

Source : JPL NASA

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