La Mostra de Venise honore George Clooney, mais ignore les réalisatrices.

La Mostra de Venise déroule le tapis rouge à George Clooney… mais pas aux réalisatrices

La Mostra de Venise : George Clooney honoré, mais les réalisatrices sous-représentées

La 83e édition de la Mostra de Venise s’est ouverte mercredi, décernant un prix honorifique à George Clooney, figure emblématique du festival, qui fait face à des critiques pour le faible nombre de femmes en compétition cette année.

Âgé de 65 ans et désormais citoyen français, Clooney a profité de la tribune pour critiquer le gouvernement américain, qu’il a qualifié de « kakistocratie », un terme désignant un gouvernement dirigé par les moins qualifiés. Lors de la remise de son Lion d’or d’honneur, il a exprimé ses préoccupations quant à la peur instillée par les dirigeants et les personnes riches dans la société. Clooney a également souligné les « accidents heureux » qui ont jalonné sa carrière, lui permettant d’acquérir le statut d’icône, après des débuts tardifs à la télévision.

Maggie Gyllenhaal, présidente du jury, souligne le manque de réalisatrices

Maggie Gyllenhaal, actrice et réalisatrice américaine, préside le jury qui devra départager les 21 films en compétition. Elle a critiqué la sélection de la Mostra, qui ne comporte que deux films réalisés par des femmes, dont un co-réalisé avec un homme et ajouté tardivement. Gyllenhaal a ironisé sur cette situation, suggérant que cela prouve que « les hommes font de meilleurs films que les femmes ». Elle a également noté un problème systémique, affirmant qu’il est plus difficile pour les femmes d’obtenir le financement nécessaire à leurs projets.

Absence de gros studios américains

Les grands studios américains sont également absents de cette édition, une tendance déjà observée à Cannes et Berlin, ce qui ouvre la voie à des films indépendants. Parmi les films présentés, « Ink » de Danny Boyle, qui traite de l’histoire du tabloïd anglais The Sun, a été projeté en ouverture. Robert Pattinson joue dans « Primetime », inspiré par le programme « To Catch a Predator ».

Polémiques autour de certains films

Le conflit israélo-palestinien est à nouveau au cœur des débats, avec quatre films abordant ce sujet, dont « NAZA », qui explore les systèmes derrière les violences à Gaza. De plus, le film « Dau » d’Ilya Khrzhanovsky, critiqué pour ses conditions de tournage, a suscité des controverses. Le ministère de la Culture ukrainien a dénoncé ce projet, le liant à des intérêts russes.

Cinéma français à l’honneur

Cette année, le cinéma français est bien représenté avec quatre longs-métrages en compétition, dont « Bunker » de Florian Zeller, et « 15/18 » de Cédric Kahn, qui aborde le quotidien d’une unité de soins pédopsychiatriques.

Cinq films de réalisateurs italiens sont également en lice, dont « Succederà questa notte » de Nanni Moretti, qui marque son retour à Venise après 37 ans d’absence.

Source : Le Télégramme

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