Dans l’Allier, la plus grande mine de lithium d’Europe s’attaque à une forêt pleine d’espèces protégées

Dans l’Allier, la plus grande mine de lithium d’Europe s’attaque à une forêt pleine d’espèces protégées

Échassières (Allier), reportage

La multinationale d’extraction minière Imerys a débuté l’exploitation de la plus grande mine de lithium d’Europe, située au cœur de la forêt des Colettes, à Échassières, dans l’Allier. Ce projet s’étend sur 20 hectares, à proximité d’une hêtraie de 2 000 hectares qui abrite de nombreuses espèces protégées, dont le chat sauvage, la loutre d’Europe et le crapaud sonneur à ventre jaune.

Xavier Thabarant, naturaliste et opposant au projet, souligne l’importance de cette forêt, qu’il fréquente depuis 40 ans. Il s’inquiète des conséquences de l’exploitation minière sur cet écosystème riche, notamment la sécheresse qui pourrait frapper les arbres, menaçant la biodiversité locale.

L’usine-pilote d’extraction de lithium est installée sur un sommet forestier à 767 mètres d’altitude, considéré comme le château d’eau de la région, avec 350 sources recensées. L’extraction nécessite de fracturer le granit et de pomper l’eau, ce qui pourrait assécher les zones humides environnantes.

Des préoccupations émergent également concernant la pollution potentielle des ruisseaux par des métaux lourds, avec des résidus déjà signalés. En octobre 2024, lors d’une réunion de la direction départementale des territoires, Thabarant a été le seul à voter contre le projet parmi 25 représentants, déplorant l’absence de considération pour la nature.

Imerys prévoit d’extraire 330 000 tonnes de matière par an. Les militants locaux, comme Cécile Pouly, expriment leurs craintes concernant la pollution sonore et lumineuse, ainsi que l’impact sur la qualité de l’air. Le directeur développement durable du projet, Vincent Gouley, a reconnu la possibilité de poussière et de radon, mais as que les seuils de sécurité seront respectés.

Le projet est soutenu par l’État, qui a déjà investi 50 millions d’euros, bien qu’il reste un besoin d’investissement supplémentaire estimé entre 1,5 et 1,8 milliard d’euros. Malgré le soutien gouvernemental, des voix s’élèvent pour questionner la durabilité et les véritables motivations derrière ce projet minier.

Source : Reporterre

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