La marchandisation du sommeil : un enjeu de santé publique
L’intérêt porté au sommeil a émergé relativement récemment dans les sociétés modernes. Selon le psychiatre et chercheur Jean-Arthur Micoulaud, la médecine n’a commencé à s’y intéresser qu’à partir des années 1950-1960, découvrant que le sommeil joue un rôle crucial dans la régulation de l’organisme et la qualité de la santé mentale. Micoulaud souligne que « Avoir un bon sommeil, c’est avoir des fonctions cognitives (attention, vigilance, mémoire, planification, etc.) et émotionnelles (régulation du stress, ajustement aux situations vécues) qui sont optimales. »
Cependant, la qualité du sommeil se détériore. En France, le temps de sommeil moyen a diminué régulièrement ces dernières années, avec près de la moitié des personnes âgées de 18 à 75 ans déclarant éprouver des troubles du sommeil. Une personne sur trois serait concernée par l’insomnie. Cette situation a transformé le sommeil en un enjeu de santé publique et en une préoccupation collective.
Soumis à des injonctions contradictoires, notamment en raison du culte de la performance qui incite à réduire le temps de sommeil, celui-ci devient à la fois un objet d’étude et une source de revenus pour divers acteurs économiques. Camille Perez s’intéresse à cette tendance de marchandisation du sommeil, en examinant comment elle se manifeste, les enjeux socio-économiques qui l’accompagnent, ainsi que les perspectives et risques qui pourraient en découler pour la société.
Sources
Micoulaud, J.-A. (source principale).
