Cris racistes, insultes, brimades et intimidations : la Justice demande l’arrêt des comportements contraires à la déontologie à la prison de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe
Le ministère de la Justice a ordonné la cessation immédiate de comportements jugés contraires à la déontologie par des agents pénitentiaires à l’établissement de Condé-sur-Sarthe (Orne). Cette décision fait suite à un jugement en référé rendu par le tribunal administratif de Caen.
Me Charly Salkazanov, avocat en droit pénitentiaire, a salué cette décision comme une avancée significative pour les détenus, notamment ceux incarcérés au quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO). Le juge a constaté des atteintes graves à la dignité humaine et des traitements inhumains et dégradants.
Le tribunal a souligné les « propos insultants, racistes et suprémacistes » ainsi que les violences et humiliations observées lors d’une visite inopinée de la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) en mai. Me Salkazanov a précisé que le juge a pris très au sérieux les signalements de dysfonctionnements, demandant à l’administration de mettre fin à ces comportements d’intimidation.
L’Observatoire international des prisons (OIP) avait saisi le tribunal après la publication d’un rapport sévère de la CGLPL début juillet, révélant des agissements problématiques du personnel pénitentiaire. De nombreux avocats ont soutenu cette action en référé au nom de leurs clients détenus.
Me Matthieu Quinquis, avocat de l’OIP, a dénoncé la négation des droits fondamentaux des détenus. Pour Me Vincent Brengarth, avocat d’un des détenus, la décision du juge constitue une reconnaissance des illégalités et une validation du travail de la CGLPL. Il a appelé l’État à prendre des mes concrètes pour mettre fin à ces pratiques.
Le directeur du centre pénitentiaire a affirmé qu’il n’existait pas de comportements contraires à la déontologie, malgré les constatations du tribunal. Me Salkazanov a noté que l’administration pénitentiaire semblait dans le déni, même lors de l’audience.
Le juge a souligné que l’administration, en se limitant à des notes de service et une formation, ne garantissait pas la sécurité et l’intégrité des détenus. Le rapport mentionne également des pratiques humiliantes, telles que des fouilles à nu brutales et des privations de nourriture.
En réponse aux révélations, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a annoncé une mission de contrôle interne à Condé-sur-Sarthe prévue pour l’été 2026.
Source : France 3 Régions
