La justice réclame la fermeture définitive du Marché du Soleil à Marseille
La procureure Anne-Sophie Larrouy a demandé la fermeture définitive du Marché du Soleil, emblématique bazar oriental de Marseille, ainsi que quatre ans de prison avec sursis pour son fondateur, Georges Dahan, âgé de 81 ans. Cette institution, créée il y a 40 ans, est accusée d’être devenue un épicentre régional de la contrefaçon, avec des amendes s’élevant à des dizaines de millions d’euros pour les gestionnaires.
L’établissement, immortalisé par le groupe Massilia Sound System en 2007, fait face à une demande de fermeture judiciaire totale, accompagnée de la confiscation de l’ensemble immobilier, évalué à plus de 2,6 millions d’euros.
Le crépuscule d’un empire du faux
Au cœur du dossier, la procureure affirme que les imitations ont envahi les étals, représentant jusqu’à 70 % des ventes globales, transformant le site en « un monstre nourricier et lucratif ». Les 170 box-boutiques généraient environ 150.000 euros de loyers par mois. Pour la magistrate, Dahan, qualifié de « patriarche omnipotent », n’a rien fait pour contrer la contrefaçon, qu’il a laissée se développer, qualifiant cette situation de « plan de fraude ».
La défense, représentée par Me Stéphane Ceccaldi, plaide pour Dahan en évoquant son déclin physique et psychologique, soulignant qu’il aurait dû se retirer plus tôt.
L’entourage dans le viseur de la justice
Le rôle de la gestionnaire du marché est également examiné, avec des réquisitions de trois ans de prison avec sursis à son encontre. Le tribunal s’intéresse aussi aux actions de deux gardiens, risquant 18 et 30 mois avec sursis. Des frères de Dahan sont également impliqués, avec des réquisitions de prison ou d’amendes, accusés d’avoir cherché à protéger les intérêts familiaux.
Des millions d’euros de sanctions réclamées
Les conséquences de cette économie parallèle touchent la sphère publique. Deux des frères ont tenté de soudoyer une agente administrative de la préfecture pour lever une fermeture temporaire, tandis que trois policiers municipaux sont accusés d’avoir agi en tant que protecteurs de la gérante, recevant des compensations en contrepartie.
La préfecture de police a déjà imposé une fermeture de six mois en février, après la saisie de 200.000 articles, d’une valeur estimée à 42 millions d’euros. Les Douanes réclament maintenant plus de 84 millions d’euros d’amendes, correspondant à la valeur des biens saisis et aux sommes blanchies.
Les groupes français du luxe, touchés par cette affaire, demandent également des dommages et intérêts, soulignant l’importance historique de cette affaire, qui marque le démantèlement d’un marché d’une telle ampleur pour la première fois.
Source : Nice-Presse avec dépêche
