La Guinée choisit le franc plutôt que l’eco, la monnaie unique de la Cédéao
À quelques mois du lancement de l’eco, la future monnaie unique de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), la Guinée a décidé de conserver le franc guinéen. Ce choix suscite des interrogations, d’autant que Conakry participe aux travaux préparatoires de cette nouvelle monnaie ouest-africaine.
La Guinée ne rejette pas l’eco, mais plusieurs économistes estiment que le pays n’est pas prêt à abandonner sa monnaie nationale. Bella Bah, économiste et activiste de la société civile, souligne que « la Guinée n’a pas intérêt à court terme à intégrer une zone monétaire » et insiste sur le besoin d’améliorer l’économie et la capacité de production du pays avant de prendre une telle décision. Selon elle, l’intégration à une zone monétaire pourrait asphyxier l’économie guinéenne en raison des critères de convergence à respecter.
De plus, l’économie guinéenne est encore peu orientée vers ses voisins ouest-africains. L’économiste Mohamed Camara note que « la Guinée n’échange que 16 % avec ses six voisins », tandis que plus de 80 % de ses exportations se dirigent vers l’Asie, notamment vers la Chine. Cette situation pourrait priver la Guinée de certains leviers économiques si elle rejoignait l’eco.
Conakry a donc choisi de prendre le temps nécessaire avant de se lancer dans cette transition. Une nouvelle réunion de la task force ouest-africaine sur l’eco est prévue avant décembre pour aborder des questions cruciales en suspens, telles que le régime de change et le fonctionnement de la future Banque centrale.
Source : RFI


